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 J'ai l'angoisse dans les veines ◈ EULALIE

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Balthazar Graves


« Tic tac,
sonne le glas. »


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________________________________________ Sam 16 Juin 2018 - 15:21


There'll be no rest for the wicked
I let my true love die.
I had his heart but I broke it every time...


Ne le sens-tu pas ?
De nouveau, tout au fond de toi ?
Le retour du vide.


Un écho indescriptible le berçait dans les méandres d'un songe sans image. Une voix sans visage.

A tâtons, il chercha la chaleur d'un corps. La douceur de la peau. Rien. Le matelas était... vide. Il remua, encore à demi somnolent. Avait-il véritablement dormi ? Il ne savait pas. Il avait la tête lourde et bourdonnante de paroles qui s'éloignaient dans le néant de son esprit. Il se sentait toujours épuisé. La sérénité l'avait quitté, remplacée par une désagréable impression de manque et de lourdeur inexplicable. Il souleva les paupières, apercevant Eulalie appuyée contre le sofa, assise à même le sol, tout près de lui. Elle mentionna un présent qu'elle souhaitait à offrir à son père. L'espace d'un instant, il fut gagné par l'indécision. Combien de temps s'était-il écoulé pour elle ?

Il se redressa sur un coude, juste assez pour observer le dessin sur le sol. Il représentait une chèvre. Joli coup de crayon. Décidément, l'amazone était doté de nombreux talents cachés. Il se garda de faire le moindre commentaire. Pourquoi une chèvre ? Il préféra ne pas demander.

La jeune femme se leva et s'éloigna. Avait-elle fait cela dans le seul but de lui faire remarquer qu'elle avait choisi de porter sa chemise ? Balthazar posa sur elle un regard brûlant. Elle était si belle, peu importait la tenue. Le sourire incertain qu'elle lui adressa le décontenança. Il resta impassible, remuant de nouveau et remarquant qu'il était recouvert d'un drap. A sa question, il se contenta de secouer fugacement la tête. En fait, il ne savait plus ce qu'il éprouvait. Son corps alangui avait été bien trop éprouvé ces dernières heures...

L'amazone se rapprocha, effleurant son bras. Ce simple geste le fit frémir. Tout compte fait, la température ambiante était peut-être trop basse. Ou alors, il s'agissait de...

L'appel du vide.
Quelque chose à l'intérieur de toi a pris froid.


Il crispa la mâchoire, préférant ignorer cette étrange impression. Il prêta une oreille attentive aux paroles d'Eulalie. Curieusement, elles le contractèrent davantage. Quelque chose allait encore plus mal que d'habitude. Pourtant, les mots de la jeune femme le laissèrent rêveur. Pensait-elle véritablement ce qu'elle disait ?

Je te veux... où que tu sois.

Il ne prononça pas cette phrase. Quelque chose l'empêchait d'ouvrir la bouche. L'étrange écho dans son esprit. La voix lointaine. Il cligna des yeux, de plus en plus déstabilisé, avant de secouer la tête. Il avait choisi d'ignorer ce qui l'habitait.

L'amazone attendait. Son regard guettait. Espérait.

Sans un mot, il attrapa le bord de la chemise pour attirer la jeune femme vers lui. Là, il passa sa main en dessous avec une lenteur étudiée, soulevant le tissu et déposa un baiser sur le haut de sa cuisse veloutée.

"Personne ne sait jamais."
murmura-t-il, ses lèvres effleurant toujours sa peau.

Il renversa la tête pour croiser son regard, puisqu'elle était toujours debout. Ensuite, il se redressa quelque peu, se moquant du drap qui avait glissé.

"Je n'ai pas de réponse."
dit-il tandis que sa main caressait toujours pensivement sa cuisse, sous la chemise. "Mais je suis sûr d'une chose."

Son autre main trouva la sienne, y entremêlant les doigts.

"Je veux que ça continue."

Il fut traversé par un accablement incompréhensible. Un oppressement qui lui coupa le souffle. Il faisait de plus en plus glacial dans l'atelier. Instinctivement, le barbier se rapprocha de l'amazone, glissant ses deux mains sous la chemise, dans son dos, afin de se presser contre la chaleur de son corps. Hélas, ce ne fut pas suffisant. Le froid venait de l'intérieur. Une main glacée se posa sur son épaule. Il jeta un bref coup d'oeil anxieux. Personne.

Ne le sens-tu pas ?
Tout au fond de toi, le poids de la culpabilité ?


Cette voix... Il la reconnaissait enfin. Et il se trouva ignoble d'être parvenu à l'oublier.

J'aurais pu tout te pardonner, Benjamin. Tu le sais. C'est ce que l'on fait par amour.

Le timbre était à la fois angélique et abattu. Il ferma les yeux à s'en fendre les paupières, les dents serrées. Non, pas ça, pitié...

Tu ne m'auras donc rien épargnée ? Pourquoi toujours me torturer ? Pourquoi me tuer chaque fois un peu plus ? Pourquoi ?

Il déglutit avec peine, tremblant de la tête aux pieds. Tout d'abord, il se cramponna à Eulalie, se raccrochant à elle, enfonçant ses ongles dans sa chair comme un naufragé. Il était pris au piège dans une tempête intérieure.

Laisse-moi partir.

"Non... Non..."
répéta-t-il entre ses dents.

Laisse-moi partir, Benjamin. implora la voix, accablée. S'il te plaît...

"Je ne me rappelle plus... son visage !" balbutia-t-il, paniqué.

Il venait seulement d'en prendre conscience. Depuis combien de temps, déjà ? Il ne subsistait plus qu'une tache de lumière à la place, comme une photographie abîmée par le temps. Il voyait seulement ses cheveux d'or. Tout ce qui lui restait d'elle.

Balthazar repoussa brusquement Eulalie et se leva d'un bond. Il devait s'éloigner d'elle au plus vite. Comment réparer les dégâts qu'elle avait causés ? Non, ce n'était pas elle : c'était lui. Il avait oublié Lucy. Il l'avait écartée volontairement, alors qu'il s'était promis de chérir sa mémoire aussi longtemps qu'il vivrait. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu la remplacer, l'espace d'un instant ?

Il erra au milieu de la pièce, chancelant, le coeur battant de façon névralgique. Il n'entendait plus la voix. Vacillant, il cherchait la moindre parcelle de souvenir dans sa tête et le recueillait précautionneusement alors qu'il s'évaporait inexorablement. C'était comme tenter de retenir une fumée volatile. Impossible.

Il finit par se recroqueviller dans un coin de la pièce obscure, se tapant de temps à autre légèrement la tête contre le mur tout en répétant à voix basse, le regard perdu dans le vide :

"Reviens, Lucy. Reviens... Je te promets... Je te promets... je ne recommencerai plus."

Dans un état second, il entonna une chanson du bout des lèvres, espérant convaincre le fantôme de rester penché au-dessus de lui. De ne pas l'abandonner.

"There was a barber and his wife, and she was beautiful..."

Il déglutit avec peine, passant la langue sur ses lèvres avant de poursuivre d'un ton rauque, chargé de sanglots :

"A foolish barber and his wife. She was his reason and his life. And she was beautiful..."

Sa voix se brisa.

A cet instant, il crut remarquer la douce petite folle dans son champ de vision, et son odeur envahir brusquement ses narines. Il ferma les yeux ; sa tête heurta de nouveau le mur. Il recommença plusieurs fois encore, comme si cela pouvait remettre ses idées en place, alors qu'une douleur sourde engourdissait ses sens et rendait son crâne incroyablement lourd.

L'espoir naissant avait tué son amour. Irrévocablement.

Il tressaillit et appuya les paumes contre ses yeux. Il hésita à les enfoncer. Il ne voulait plus voir. Hélas, il n'existait rien pour le mettre à l'abri de ce qu'il pouvait ressentir.
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________________________________________ Lun 18 Juin 2018 - 14:11


Not sure I can deal with this...
I know there's a part of you that I just cannot reach.
You don't have to let me in. Just know that I'm still here.


Qu'est-ce que j'avais fais ? Ou qu'est-ce que... Qu'est-ce que je n'avais pas fais ?

Je réalisais que j'avais cessé de respirer, mes inspirations s'enchaînant subitement, précipitées et instables. Ma main qu'il avait tenu tremblait d'une façon dérangeante, bien que je tentais de la calmer en attrapant le pan de la chemise. Ça ne fonctionnait pas. Ses paroles n'étaient plus que des échos lointains, tous ses gestes si délicats se retrouvant ternis, alors que je sentais encore vivement sa prise contre mon dos. Je ne savais pas ce qui lui arrivait. J'ignorais si c'était de ma faute. Il m'avait éloigné de lui d'une manière qui me le laissait penser.

Je sursautais une nouvelle fois alors que le son provoqué par le choc de sa tête contre le mur se répétait. Je n'étais capable que de le fixer, paralysée, me mordant la lèvre jusqu'au sang sans même le réaliser. Ma gorge se serra et mon cœur se mit à battre plus fort. Je savais reconnaître la colère. Je m'adaptais à la tristesse. Je me familiarisais peu à peu à la peur. Mais jamais... Jamais je ne m'étais sentie si impuissante.

Je ne recommencerai plus.

Mon regard se baissa, ma respiration s'affola de plus belle. Le désarroi, la panique. Je ne les supportais pas. Je n'en voulais pas. L'atmosphère de cette pièce me semblait de plus en plus pesante. J'étais prise au dépourvue, enveloppée par une accablement que je n'arrivais pas à cerner dans son entièreté.

Je m'animais soudainement, lui tournant le dos, mes yeux se posant sur le dessin qui me paraissait à présent insignifiant. Qu'aurait pensé Hypérion de tout cela ? Je n'étais pas à la hauteur. J'assistais à cette scène sans esquisser un seul mouvement pour agir. Je ne me considérais pas comme la bonne personne que le Titan voyait en sa créature. Je n'avais rien fait pour le mériter. Je n'essayais même pas.

Je secouais la tête, contenant les sursauts de ma poitrine écrasée par une peine que je ne pouvais ignorer. Ce n'était pas une douleur que je subissais pour moi-même. C'était de le voir ainsi qui me tourmentait. Ses mots se mélangeaient, donnant du sens à des choses que je ne comprenais pas encore quelques heures plus tôt, tout en continuant d'en embrouiller d'autres davantage.

Mes pas hésitants me menèrent jusqu'aux tableaux inachevés, mes mains fébriles les étudiant si rapidement que je manquais d'en faire tomber certains. J'attrapais l'un d'eux, de petite taille, me pinçant les lèvres en me murant dans un silence pénible. Je restais un instant figée devant Balthazar, incapable de trouver les mots à prononcer ou... ce que je devais faire. Personne ne savait jamais, non ?

Mon souffle se coupa alors que je posais l’œuvre juste à côté de lui. Je m'écartais assez pour récupérer le drap laissé près du sofa avant de revenir vers lui. Je prenais garde à ne pas agir brusquement, que ce soit en le couvrant à nouveau ou en m'agenouillant à ses côtés.

« Ne pas se rappeler... Ne pas y penser, parfois, ce n'est pas grave. » murmurais-je si bas que je m'entendais à peine moi-même.

Pleine d'incertitudes et de doutes, je ne lui laissais pourtant pas le choix lorsque ma main se porta un instant à l'arrière de sa tête. Je n'avais rien à portée pour soulager sa souffrance, qu'elle soit physique ou intérieure. Je ne savais pas si je devais m'excuser de sa perte à laquelle je ne pouvais rien, si je devais lui promettre que tout irait bien en sachant que ce ne serait pas le cas. Si je devais me taire, me fondre dans le décor, attendre que quelque chose se passe.

Ma main descendit le long de son dos dans un geste confus, le forçant à s'écarter du mur sur lequel il s'appuyait afin de l'entourer du drap.

« Ça ne veut pas dire que tout a disparu. »

J'entourais délicatement ses poignets, le forçant à abaisser ses bras avec lenteur. Je tentais de faire abstraction des cicatrices que j'y voyais. Je savais qu'il était brisé, je n'en mesurais néanmoins pas la portée. Comment le pouvais-je alors que, si son corps et son esprit étaient marqués par les événements de sa vie, je n'étais qu'au commencement de la mienne ?

« Ce n'est pas parce qu'elle n'est plus là que tu ne peux plus te souvenir d'elle. » prononçais-je dans un souffle imprécis.

Mon regard se baissa, ma prise se relâcha doucement. Je pivotais juste assez pour me placer face au tableau que j'avais ramené. Il n'était pas terminé, sans que ça ne l'empêche d'être magnifique. Apollon détestait ne pas finir ses peintures, tout en trouvant paradoxalement que les créations incomplètes étaient les plus intrigantes. Leurs imperfections les rendaient uniques, comme si elles se retrouvaient en suspens au milieu des autres. Elles avaient ce quelque chose d'insaisissable qui donnait l'envie de les comprendre, mais le message qu'elles portaient demeurait énigmatique, peu importe le temps qu'on passait à essayer de les déchiffrer. Elle me le rappelait curieusement.

« Tu ne peux pas... Tu ne peux pas oublier complètement une personne que tu as aimé. »

Ma tête se pencha légèrement tout en observant l'ébauche de la rose blanche qui était peinte sur la toile. Elle les adorait, c'était ce qu'il m'avait dit. Cette phrase m'avait décontenancée, je n'en avais pas compris la raison. Je ne comprenais toujours pas.

Ça ne valait pas la mémoire d'un visage qu'il avait chérit pendant toute une vie. Sa détresse était telle que ça ne suffirait pas. Ce n'était qu'un élément inutile, ça ne voulait rien dire. Mais qu'il y ait pensé signifiait forcément quelque chose, non ? J'avais l'impression que les petits détails étaient les plus importants, ceux qui comptaient, ceux qui revenaient quand on s'y attendait le moins. C'était comme... Comme quand il me suffisait de croiser un chat au coin d'une rue, de passer devant un restaurant asiatique, de sentir l'odeur de produits capillaires. Je n'avais pas besoin de l'entendre parler. Je n'avais pas besoin de le voir. Je n'avais pas besoin de le toucher pour... pour me rappeler de lui. Je fermais les yeux un instant, calmant mon rythme cardiaque apeuré.

« Tu t'en veux. » poursuivais-je, incertaine.

Chaque mot sortant de ma bouche me brûlaient la gorge et me tordaient le ventre. Je n'avais perdu personne, n'ayant pas même pensé à cette éventualité. Tout ceux que je connaissais courraient ce risque, toutes ces personnes que j'avais déjà croisé. Je finirai par le vivre. Ce n'était pas une hypothèse, mais une réalité à laquelle je ne serai jamais préparée. Il allait mourir un jour. Est-ce que ça me détruirait quand ça arriverait ?

« Tu ne dois pas t'en vouloir d'être vivant. »

Je me demandais comment j'étais encore capable de parler, même si tout n'était que chuchotements quasiment inaudibles. La culpabilité était une chose que je ne reconnaissais pas encore parfaitement, ni chez moi, ni chez les autres. Mais toutes ces fois où il avait fait comprendre que son désir était de mourir me revenaient soudainement, comme si les pièces d'un puzzle m'étaient rendus, se mettant en place petit à petit.

« Tu ne dois pas t'en vouloir d'être avec moi. »

Cette façon qu'il avait eu de me laisser de côté, d'éviter de m'observer. Ce changement brutal après avoir dit... Je déglutissais péniblement, mon regard se posant sur lui sans la moindre attente. Je ne pouvais pas le sauver. Je ne savais pas comment m'y prendre. Je me sentais de trop entre lui et les fantômes qui le hantaient. De trop entre lui et Lucy. A quel point était-elle sublime et merveilleuse pour qu'il s'y accroche ainsi ? A quel point l'avait-il aimé pour avoir si mal à l'idée qu'elle ne revienne pas ? Elle ne reviendrait pas.

« Tu n'as pas... tu n'as pas à être seul, Balthazar. »

Mes doigts se crispèrent nerveusement contre mes cuisses, s'accrochant à ma peau. Je n'en contrôlais pas les éraflures que je causais, n'y prêtant aucune sorte d'importance. Et s'il finissait par s'oublier, lui ? Est-ce que c'était possible ? Qu'est-ce que ça ferait ? Qu'est-ce que ça me ferait ?

« Tu n'es pas obligé de me parler ni même de me regarder. »

Mes sourcils se froncèrent dans une expression indécise que j'effaçais rapidement et je me faisais glisser à côté de lui sans un bruit, ramenant mes jambes vers moi. Je prenais conscience de choses qui me dépassaient. Je ne devais pas y penser maintenant. Je fixais ses mains, posant les miennes sur mes genoux, les serrant trop fort.

« Mais je vais rester. Je resterai aussi longtemps qu'il le faudra. »

J'ignorais si je devais en être désolée. Ce n'était peut-être pas ce qu'il désirait, mais je ne m'imaginais pas le laisser. Pas maintenant, pas comme ça. Si je ne pouvais pas l'aider... je me contenterai de l'accompagner.
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DON'T BURN OUT, DON'T BURN OUT ON ME
Patience only gets you so far, blood will get you further. Pain will only make your heart hard, tossed in furious weather. Innocence is beautiful to see, won't you box it up for me ?

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Balthazar Graves


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________________________________________ Ven 22 Juin 2018 - 13:33


For all you know, you're still my weakness
Hold on, I've got a feeling like this is almost over
Hold on, I've got a feeling like we're almost done.


Le silence. Il invoquait le silence. Il l'espérait de toute son âme fébrile et morcelée. Pourtant, il n'obtenait que des paroles. Pas venant de celle qu'il avait déçu. De l'autre. De celle qui s'entêtait.

Il sentait le drap contre sa peau, les mains de l'amazone autour de ses poignets. Il percevait l'infime pression l'incitant à écarter ses paumes de ses paupières douloureuses. Il ouvrit les yeux avec réticence. Son regard flou et vitreux se posa sur le tableau posé devant eux représentant une rose blanche inachevée. Un sanglot silencieux le souleva. Le supplice était loin d'être terminé. Il avait comme l'intime conviction qu'il ne faisait que commencer.

Eulalie s'était rapprochée. Loin de se contenter de mots, elle avait pris place à ses côtés. Que cherchait-elle à accomplir ? Il n'y aurait aucun miracle, aucune éclaircie dans le sombre azur de son esprit. Seulement les ténèbres. A jamais.

Balthazar fixait la toile inachevée. En de rares moments, ses yeux humides laissaient couler une larme. Sa bouche tremblait. Dépossédé de la moindre volonté, il ne cherchait plus à cacher ce qui le terrassait. Lucy s'en était allée. Pendant des années, il avait enduré sa venue, chaque nuit durant, lorsqu'elle se penchait par-dessus son visage pour le fixer et le juger sans mot dire. C'était là son éternel calvaire. A chaque fois, il se laissait bercer par le poids écrasant de la culpabilité. Il l'accueillait comme une amie très chère.

Jamais plus elle ne le visiterait. Jamais plus elle ne se pencherait au-dessus de lui aux frontières délirantes du sommeil. Il avait mérité d'être abandonné.

Ses doigts humides de larmes se posèrent contre la toile inachevée, suivant les délicats reliefs de la rose blanche. A leur contact, la peinture se dilua dans un dégradé de blanc virant au gris sombre à mesure qu'il se mélangeait au reste des couleurs présentes sur la toile. Sa main s'en écarta, restant en suspens, fébrile, au-dessus du tableau par terre.

"Tu vois... je ne sais que détruire."

Sa voix n'avait été qu'un faible murmure rauque. Il n'avait pas regardé Eulalie en prononçant ces paroles. Il ne fixait que la toile abîmée aux couleurs diluées. D'un geste pensif, il frotta ses doigts couverts de peinture les uns contre les autres avant d'inspirer profondément. Il était temps d'en finir.

"Va-t-en." grommela-t-il, la tête penchée.

Un soupir abrupt. Non, ce n'était pas à elle de partir. La distance devait venir de lui. Il fallait se l'imposer. Au plus vite. Il n'avait que trop tardé.

Son corps lui semblait ganté de plomb. Il aurait préféré rester immobile sur le plancher glacial à attendre que la mort vienne le délivrer, mais il se doutait que la douce petite folle lui accorde cette faveur. Elle ne l'avait pas tué lorsqu'elle en avait eu l'occasion et la permission. Que lui avait-elle promis, déjà ? De rester. Elle avait décidé de ne pas l'abandonner.

Cette réflexion plongea le barbier dans l'indécision la plus totale. Que pouvait-elle bien avoir en tête pour formuler de telles promesses ? Il avait été trop loin avec elle, beaucoup trop loin.

"Arrête."

Arrête tout ça. Je ne supporte pas ta gentillesse. Elle me fait plus mal que n'importe quelle injure...

Elle ignorait de quoi elle parlait. Elle ne pouvait pas avoir compris ce qu'il traversait. Trop jeune, trop inconsciente de la multitude de façons dont la souffrance pouvait se manifester.

"Tu ne peux rien espérer de moi." laissa-t-il échapper dans un grognement.

Il se redressa et prit appui contre le mur pour se relever. Chacun de ses muscles contractés pendant trop longtemps protestait d'être de nouveau sollicité. Gardant serré le drap autour de sa taille, il se mit en quête de ses vêtements. Il trouva son pantalon près de la table. Sa main effleura le meuble et lui évoqua des souvenirs transcendés par sa peau. Il passa la langue sur ses lèvres, restant abîmé quelques secondes dans une sorte de transe. Il revit la chevelure humide de l'amazone se coller contre sa nuque, son corps pressé contre le sien. Une douce chaleur l'envahir de nouveau. Ses mains qui caressaient, qui redécouvraient...

Puis, il frémit, abandonna le drap qui tomba au sol et enfila le pantalon, imperturbable.

"Aucun avenir." maugréa-t-il en secouant lentement la tête.

Il pivota enfin vers Eulalie, avec une lenteur qui traduisait toute son absence de volonté. Son manteau était toujours posé sur le dossier de la chaise, mais il lui fallait récupérer autre chose auparavant.

Malgré lui, il détailla l'amazone seulement vêtue de sa chemise. Elle était restée au même endroit. Faisait-elle exprès de rendre les choses aussi compliquées ? A contrecoeur, il s'approcha, comblant l'espace entre eux. Il se planta devant elle et s'efforça de la regarder dans les yeux. Son expression interrogatrice, perdue et attristée avait quelque chose de touchant. Balthazar égara une main dans son épaisse chevelure cuivrée. Oh, comme ça allait lui manquer...

Se mordant les lèvres, il fit descendre sa main jusqu'à son décolleté et déboutonna le premier bouton. Arrivé au troisième, il stoppa son geste. Ses yeux se posèrent brièvement sur sa peau nue dévoilée par les pans de plus en plus écartés de la chemise. Il y devinait les rondeurs de sa poitrine. Il déglutit.

Avec rapidité, il déboutonna le reste et enleva la chemise tout en s'appliquant à fixer le plafond. C'était là le meilleur moyen qu'il ait trouvé pour ne pas perdre de nouveau la raison. Il était bien obligé d'admettre qu'elle avait un certain pouvoir sur son esprit. Malgré tout, il ne put réprimer un frisson le long de son échine lorsque leurs peaux nues s'effleurèrent l'espace de quelques instants, alors qu'il était occupé à la délester du vêtement.

Il se recula précipitamment et se retourna afin de ne pas la regarder. Il mit la chemise si prestement qu'il ne s'aperçut que trop tard, au moment de la boutonner, qu'il l'avait enfilée à l'envers. Il pesta intérieurement.

"Tu ne dois pas t'en vouloir d'être vivant."

Les paroles d'Eulalie lui revinrent en mémoire avec tant de force que ses gestes se firent de nouveau secs et nerveux. Renonçant à l'idée de boutonner sa chemise, il se dirigea vers son manteau.

"Si je ne l'avais pas tuée, elle serait toujours là." avoua-t-il dans un murmure, tournant toujours le dos à l'amazone. "Et je ne t'aurais même pas adressée un regard."

Ce n'était que la pure vérité. Eulalie était merveilleuse, mais Lucy était exceptionnelle. Jamais son souvenir ne serait entaché. Et pourtant, pourtant... il avait l'impression d'avoir piétiné son cadavre impunément. Il ne savait comment réparer. Il ne savait que détruire.

"Tu n'as fait qu'endormir le monstre, ce soir." articula-t-il d'un ton sirupeux. "Ne recommence jamais. Ne m'accorde plus un seul instant de volupté. "

Il enleva une poussière sur le tissu de son manteau. Il remarqua alors une tache de peinture bleue juste au-dessus de la poche droite. Subtile et délavée. Il la jugea d'un oeil oblique. Rien ne pourrait lui faire oublier cette nuit-là. Et il savait que c'était ce qui empêchait à Lucy de revenir. Il enfonça ses doigts crispés dans les replis de son manteau qu'il tenait en main.

"Je ne peux pas te donner ce que tu veux."

J'aurais voulu, pourtant. Dans une autre vie, peut-être que... j'aurais pu être l'homme dont tu rêves comme une étourdie.

A présent, il ne lui restait plus qu'à partir. Il risqua un regard par-dessus son épaule et fus désarmé l'espace d'un instant, contemplant cette beauté désormais inaccessible.

Un faisceau de lumière l'éblouit brusquement, vite accompagné d'une voix patibulaire :

"Qu'est-ce qui se passe ici ?"

Le gardien de la roseraie. Balthazar songea que ses rondes de nuit étaient des plus hasardeuses puisque l'amazone et lui avaient passé des heures dans l'atelier sans se faire surprendre. Décidément, rien ne leur serait épargné. Le gardien -dont le nez rouge témoignait qu'il avait dû passer un moment en compagnie de bouteilles d'alcool- braqua sa lampe torche sur Eulalie. Le barbier, oubliant tout le reste, s'empressa de ramasser le drap pour la couvrir, gardant ses bras autour d'elle instinctivement alors qu'elle était dos à lui. Il braqua ensuite un regard perçant en direction de l'homme dont la mâchoire était tombée.

"Eh ben... Vous peignez un nu de nuit ?"
fit-il comme un demeuré.

"Non. Je lui ai fait l'amour."
répliqua Balthazar posément.

Décontenancé, le gardien se dandina d'un pied sur l'autre. Ce genre de cas ne figurait sûrement pas dans son manuel et il ne savait pas comment agir.

"Mais... y a des hôtels pour ça !"

"Trop surfait." articula le barbier avec nonchalance.

Le gardien resta perplexe, avant de recommencer à détailler Eulalie avec un peu trop d'insistance. Balthazar se sentit envahi par une rage sourde ; songea à son rasoir et baissa les yeux vers le manteau qu'il avait été contraint de lâcher, puisqu'il avait préféré le drap.

"Euh... je dois prévenir la police, alors ?" fit l'imbécile, dubitatif.

"Attendez un peu." maugréa le barbier, car il estimait que les flics se déplaceraient plus vite s'il y avait un crime à la clé et il cherchait un moyen de l'accomplir.

Il réfléchissait à une façon rapide et concise de récupérer son rasoir quand le gardien décida :

"Bon, je vais prévenir la police. Euh... restez là."

"Evidemment." susurra Balthazar, ses yeux brillant étrangement dans l'obscurité.

L'homme leur tourna le dos pour sortir de la pièce d'un pas lourd. Le barbier attendit qu'il soit sorti pour souffler à l'oreille d'Eulalie, toujours contre lui :

"Il va falloir qu'on parte ensemble."

Pourquoi se sentait-il curieusement grisé par cette perspective ? Il avait beau faire de son mieux, il ne se sentait bien que lorsqu'elle était près de lui. Le simple fait de deviner les reliefs de son corps contre le drap éveillaient tous ses sens. Il la gardait serrée contre lui alors qu'il cherchait la robe des yeux, sans la trouver. Peut-être était-ce parce qu'inconsciemment, il ne voulait pas qu'elle la mette ?
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Eulalie


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________________________________________ Lun 25 Juin 2018 - 15:27


This world isn't big enough to live it on your own.
I see fire in your eyes and I feel fire in my soul.


Chaque seconde me paraissait de plus en plus insoutenable. Sa peine m'oppressait à un tel point que j'avais presque l'impression de la vivre moi-même. Je l'avais pensé aussi, qu'il n'était capable que de détruire tout ce qu'il approchait. Je me sentais bien stupide d'avoir estimé une telle chose à présent, comme je ne supportais pas de l'entendre le dire lui-même. Le cœur serré, je ne fis que l'observer tandis qu'il s'appliquait à me retirer sa chemise. J'ignorais les frémissements de mon corps, réactions inévitables à ce rapprochement, et je restais immobile malgré la douleur qui m'habitait. Docile et misérable.

Je crus un instant avoir mal interprété le sens de ses paroles. Elle ne laissaient pourtant aucune place à la perplexité. Je savais qu'il avait tué. Je n'avais pas de nombre, pas de contexte, pas de nom. Mais je pouvais maintenant y lier celui de Lucy. Je distinguais davantage la cause de sa culpabilité. Je n'étais pas choquée, simplement troublée. Elle ne pouvait avoir disparu ainsi parce qu'il l'avait désiré. On ne tuait pas quelqu'un que l'on aimait. C'était pour cette raison qu'on ne souhaitait pas que je touche à un seul cheveu du futur guerrier. J'avais eu du mal à le comprendre, pendant un long moment.

Je clignais des yeux, dépourvue de toute autre réaction. Je promettais de rester, lui décidait de s'enfuir. Il disait vouloir continuer, pour me demander de ne pas recommencer. Les contradictions étaient nombreuses, ma compréhension imparfaite. Ma résolution ne fléchissait pas pour autant.

Je me retournais d'un mouvement instinctif, avant même que la voix du gardien ne s'élève. Je n'avais perçu sa présence que trop tard. La lumière soudaine braquée sur moi m'aveugla, ayant le mérite de me sortir de mes réflexions de plus en plus vagues et indéchiffrables. Je baissais les yeux au contact du drap, devinant qu'il s'était hâté de dissimuler mon corps. Pourquoi s'encombrer d'une telle attention ?

Je ne posais pas la question, sa répartie face à la curiosité de l'homme me confondant davantage. Après tout ce qui venait de se passer, il arrivait à user d'un ton si tranquille que j'en restais aussi décontenancée que le gardien, incapable de répliquer.

« Je suis de la police... » finissais-je par prononcer d'une voix absente.

Cette constatation était des plus pertinentes tout en étant des plus inutiles. L'intrus s'était déjà éloigné. Pourquoi faire venir un de mes collègues alors que j'étais déjà présente ? Je n'allais pas m'emmener moi-même au poste. Qui viendrait ? Figue ne travaillait pas. Emma, peut-être ? L'idée que John Doe -je n'avais toujours pas pris la peine d'apprendre son véritable prénom- soit de garde cette nuit me fit secouer la tête. Il était sans doute préférable qu'aucune de ces personnes ne sachent que j'étais là.

Je ne faisais qu'occulter le reste en me concentrant sur ce détail quelconque, tentant de faire abstraction de la proximité de Balthazar. Mon rythme cardiaque s'emballait à nouveau, intarissable. Tout se mélangeait dans mon esprit, envahi par le désordre de mes émotions. Par lui. Il n'avait pas à m'attendre. Il pouvait très bien s'éclipser sans se soucier du fait que je le suive ou non. Partir ensemble n'était en rien une obligation.

« Et qu'est-ce que tu feras ? » articulais-je après un instant de flottement.

Je pivotais brusquement, me fichant que sa prise sur le tissu qui me recouvrait ne tienne pas parfaitement en place. Mon regard se releva immédiatement vers le sien tandis que ma main attrapait sa chemise, sans lui laisser la possibilité de s'éloigner.

« Qu'est-ce que tu feras si je cherche à recommencer ? »

Si il se considérait comme un monstre, qu'est-ce que ça faisait de moi ? Je comprenais maintenant pourquoi il le pensait, mais je n'étais pas d'accord. Il n'y avait que lui, comme ça avait été le cas à chaque fois. Et il ne m'effrayait pas plus qu'avant. La seule qui me faisait peur ici, c'était moi. Avec mon inconscience, mon imprudence et mes sentiments.

« Je ne peux pas arrêter. Je ne veux pas. Et tu le sais. »

C'était inévitable, ma présence ici était une preuve suffisante. Si ça ne s'était pas produit cette nuit, alors ce serait arrivé plus tard. Je lui avais demandé la même chose la première nuit, quand il aurait été aisé de juste reculer et tout oublier. Maintenant, c'était juste... trop tard. Et un coup de rasoir ne suffirait pas à me faire disparaître, même si il en rêvait sans doute.

Je m'écartais et le relâchais pour le dépasser, laissant le drap derrière moi. Mon souffle toujours court me paraissait contrôlé, ma propre assurance me déroutait. Je m'emparais de ma robe laissée sur la table, près de la peinture et des pinceaux éparpillés. Son contact était presque désagréable tandis que je l'enfilais rapidement. Je me moquais de ma lingerie ou de mes chaussures, mais je pris le temps de me saisir du dessin au sol dont je roulais le papier. Je jetais un simple coup d’œil vers le tableau de la rose abîmée, hésitante. L'emporter ne serait pas judicieux et il pensait l'avoir détruite.

« Je t'en dessinerai une autre. » lâchais-je simplement dans un soupir.

Je récupérais son manteau, le tendant dans sa direction sans un regard avant de me diriger vers l'extérieur de l'atelier. Je ne fis que quelques pas avant de faire subitement demi-tour pour attraper sa main et l'entraîner dehors. Je ne cherchais pas à nous dissimuler, je percevais la présence du gardien plus loin. Je ne prêtais pas attention au contact des graviers encore humides, parvenant à faire preuve d'une discrétion irréprochable. Je me félicitais même de ne pas m'être encombrée de mes talons, finalement.

L'air frais imprégné de l'odeur des fleurs avait quelque chose de vivifiant et le calme qui régnait était rassurant. J'entrelaçais mes doigts aux siens, dans un geste qui n'était pas réellement inconscient. Je tournais abruptement à une allée, nous faisant quitter le chemin classique pour l'entraîner à travers quelques haies. Un moyen d'éviter de croiser le chemin de l'homme dont j'entendais les pas se rapprocher. J'accélérais le rythme de notre marche et restais attentive aux moindres bruits, méfiante envers toutes les ombres projetées par l'éclat de la lune et se mouvant au gré du vent.

« Tu vas rentrer chez toi ? »

Je m'étais inquiétée de la suite des événements, mais je ne ressentais à présent plus la moindre appréhension, étrangement. Je ne le lâchais pas pour pousser du bras le portail en fer massif qui, bien que verrouillé, céda sans difficulté. Le grincement provoqué par le mouvement et la fracture du système de fermeture m'arracha une légère grimace. J'aurai pu escalader sans mal les murs ou juste bondir au-dessus, mais je doutais que le barbier en soit capable. Je ne pris pas la peine de le refermer derrière nous, me dirigeant vers sa voiture sans un coup d’œil en arrière. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était, encore moins du temps qui s'était écoulé. Ne pas ressentir la fatigue ne m'aidait pas à le deviner.

« Je peux venir ? »

Je ne le lâchais qu'arrivés à hauteur du véhicule, n'attendant pas pour ouvrir la portière côté passager. Est-ce qu'elle était fermée ? Est-ce que je l'avais cassé ? Tant pis. Je reprenais ma veste qui y était restée d'une façon mécanique, sortant le téléphone que m'avait donné Basile. Il était devenu indispensable pour que Figue puisse me joindre si elle le souhaitait, tout comme pour que je sache si tout allait bien pour elle. Évidemment, il aurait été encore plus pratique si seulement je savais l'utiliser convenablement. La plupart du temps, je communiquais en petites émoticônes parce que je trouvais ça plus simple.

Je fronçais les sourcils aux nombres de messages et d'appels reçus. Plusieurs s'enchaînaient, tous ayant un fond d'inquiétude, dans une attitude proche du harcèlement. Où t'es ? / Qu'est-ce que tu fais ? / Ramène du chocolat pour Fifi. / T'es morte ? / T'ES PAS MORTE HEIN ? / RÉPONDS TOUT DE SUITE LALIE !! DIS MOI QUE T'ES PAS MORTE !!!

« J'ai besoin d'une douche. Mes colocataires vont se poser des questions si je rentre... comme ça. »

Michel-Ange risquait de m'étouffer de questions diverses et incohérentes. Comme il le faisait déjà, en fait. Je passais une main sur ma joue. La peinture n'y était plus visible mais je savais qu'elle y avait été présente. Peu importe ce que je pourrais inventer, il devinerait que je ne m'étais pas juste promenée seule une partie de la nuit. Et il n'apprécierait pas de savoir que je me trouvais avec Balthazar tout ce temps. Il n'avait pas besoin de le savoir.

« Tu peux refuser. Je n'espère rien. »

J'osais un sourire en reposant mes yeux sur lui. Pas d'avenir comme il le disait. Je n'avais pas non plus de passé. Pas d'attentes. Juste le moment présent. Mon intention n'était pas de m'imposer, mais qu'il finisse par accepter que je ne serai pas celle qui l'abandonnerait.

« Mais tu vas au moins me ramener en ville. »

Je m'installais sans attendre d'approbation. Il fallait se décider avant l'arrivée de mes collègues et, après tout, ça ne changerait pas grand chose pour lui.

Je secouais la tête, éprouvant des difficultés à utiliser le portable malgré les efforts que je faisais pour rédiger un message correct. Je me contentais d'un bonhomme souriant et d'un pouce en l'air. Ça suffirait à Michel-Ange pour savoir que j'étais en vie. Un appel suivi dans la seconde, me faisant ouvrir de grands yeux alors que je raccrochais par réflexe. Un autre, que j'ignorais également, coupant le son de l'appareil. Je le rangeais dans une poche de ma veste, tenant le dessin sur mes genoux et me raclant la gorge.

« Près du magasin toujours ouvert, ce sera parfait. J'ai faim. »

Je ne voulais pas rentrer. Pas seulement parce que je ne voulais pas le quitter, mais parce que je n'étais pas non plus prête à affronter l'ouragan du chat et de la tortue.
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sonne le glas. »


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________________________________________ Dim 1 Juil 2018 - 21:36


Deep in my structure I feel a rupture
'From where she should be. You're taken my breath from me
Now I want to breathe 'cause I cannot see, what you can see so easily.


Le vent frais de la nuit s'engouffra par les interstices de ses vêtements. Balthazar avait fini par réussir à boutonner sa chemise en chemin, même si elle était toujours à l'envers. Il avait été contraint de laisser le col largement ouvert, car les derniers boutons étaient impossibles à assembler de cette manière. Il n'avait pas pris le temps d'enfiler son manteau, le gardant en main alors que l'autre serrait celle d'Eulalie. Le contact de leurs peaux l'une contre l'autre le plongeait dans une transe étrange, à la fois délicieuse et dérangeante. Sans succès, il tentait d'y faire abstraction. Tout comme il essayait d'ignorer le fait que l'amazone ne portait que sa robe pour tout vêtement.

Ils quittèrent la roseraie, se fondant parmi les ombres des arbres, puis rejoignirent la voiture. Un claquement sec et métallique signifia au barbier que l'amazone venait de forcer la portière du véhicule qu'il n'avait pas eu le temps de déverrouiller. Il rentra la tête dans les épaules, la mâchoire contractée, et s'installa face au volant. Comment faisait-elle pour lui inspirer tour à tour du désir ou de l'agacement ?

En plus de sa maladresse, la petite peste se montrait autoritaire. Elle imposait ses conditions. Il n'avait pas envie de l'emmener dans un magasin. Après les récents évènements, le dernier endroit où il voulait se rendre était un centre commercial. Il détestait les gens et ne les côtoyait qu'en cas de nécessité -pour le travail notamment. Son monde intérieur s'était écroulé ; il ne souhaitait pas s'imposer de difficultés supplémentaires. Tout ce qu'il voulait était panser ses plaies. Obtenir la paix et le calme. Hélas, il n'y a pas de repos pour les êtres pourris jusqu'à la moelle.

Tandis que la vieille américaine quittait le parking dans un bruit de moteur poussif, il songeait aux paroles de l'amazone. Celles qu'elle avait formulées dans l'atelier de peinture.

"Qu'est-ce que tu feras si je cherche à recommencer ?"
"Je ne peux pas arrêter. Je ne veux pas. Et tu le sais."


Il inspira profondément et passa la langue sur ses lèvres. Elles avaient encore son goût à elle, mélange de sucre et de pluie. Les doigts crispés autour du volant, il enfonça la pédale de l'accélérateur et bientôt, les lumières de la ville se brouillèrent et se mélangèrent, devenant deux traînées floues dans le sillage du véhicule. Le barbier conserva le silence. De temps à autre, il jetait de discrets et brefs coups d'oeil vers l'amazone. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder, malgré tous les efforts qu'il faisait. Elle avait quelque chose de magnétique.

Elle lisait des message sur son téléphone. Y répondait rapidement. Lorsque le portable se mit à sonner, Balthazar tourna pour de bon la tête vers elle, à la fois interrogateur et intrigué. La petite peste sembla nerveuse et raccrocha aussitôt. Au second appel également. Le barbier plissa des yeux et les posa de nouveau sur la route. Qui était l'émetteur ? L'un de ses colocataires ou s'agissait-il du fameux Verne ? Après tout, quelle importance ? Il avait mesuré la profondeur de son attachement à elle, et redoutait l'ampleur de sa propre affection. Mieux ne valait pas creuser davantage.

Il avait dépassé depuis longtemps la vitesse autorisée en agglomération lorsqu'il quitta les grands axes pour se diriger vers les quartiers éloignés du centre ville. Eulalie avait dû comprendre qu'il ne comptait pas l'emmener où elle le souhaitait. Elle devait d'ailleurs commencer à reconnaître les alentours. Il continua de rester absorbé dans le silence et ne desserra pas les dents une seule fois, pas même après avoir stoppé brusquement la voiture au bord du trottoir juste devant chez lui. Il sortit du véhicule et claqua la portière puis grimpa les quelques marches menant jusqu'à la porte commune du bâtiment. Il s'agissait d'une maison sur trois étages. Il habitait au second.

Sans se soucier si l'amazone le suivait, il gravit les deux escaliers menant jusqu'à son appartement et laissa la porte grande ouverte. Elle ne fut pas longue à le rejoindre. D'un geste brusque, il lui désigna le couloir enténébré.

"Je suppose que tu te souviens où se trouve la salle de bains."
déclara-t-il avec une once de dédain.

N'avait-elle pas émis le souhait de prendre une douche avant de rentrer chez elle ? Elle avait avancé que ses colocataires risquaient de se poser des questions si elle allait les voir en étant couverte de peinture, mais il estimait qu'ils seraient tout aussi soupçonneux en remarquant qu'elle dispensait une odeur prononcée de savon. Après tout, ce n'était pas ses affaires. Et il avait depuis longtemps cessé de chercher une logique dans le comportement de l'amazone.

Alors qu'elle s'était éloignée, il se dirigea machinalement vers un placard de sa cuisine intégrée, sans prendre la peine d'allumer les lumières. Cette dernière était ouverte sur le salon. Il en sortit plusieurs choses qu'il posa sur la table : différentes sortes de biscuits dont des BN et des gaufres individuelles. C'était ce que la petite peste avait oublié en partant, plusieurs mois plus tôt. Balthazar n'y avait pas touché, mais ne les avait pas oubliés pour autant. Il les avait conservés jalousement, comme de précieuses reliques du passage de la petite peste dans sa vie.

Ensuite, il pivota vers le réfrigérateur et se saisit d'une barquette de fraises. Il les rinça dans l'évier puis vérifia leur état. Il enleva celles qui étaient abîmées, se plongeant dans cet exercice avec une sorte de concentration étrange. Il aimait le travail bien fait, peu importe la tâche. Il posa enfin la barquette sur la table, parmi les différents biscuits.

La vision de ces fruits lui prouva une fois de plus à quel point il s'était égaré à une frontière extrêmement dangereuse. Il avait un vice qu'il n'avouerait jamais. Depuis qu'Eulalie avait déménagé, une drôle d'habitude s'était installée dans sa routine : chaque semaine, lorsqu'il faisait ses courses, il achetait une barquette de fraises. Il la plaçait dans son réfrigérateur. Et l'enlevait la semaine suivante, alors que les fruits avaient pourri. Il n'en mangeait jamais. Il ne s'était pas expliqué cette manie. A présent, il comprenait. Et il se sentait encore plus coupable. Cela avait été une façon de la garder auprès de lui durant tout ce temps, et d'évincer Lucy une fois de plus.

Il posa un regard incendiaire sur la table qu'il avait préparée pour l'amazone. L'espace d'un instant, il fut tenté de tout balayer d'un revers de main. Que lui arrivait-il ? Il avait agi par automatisme. Par envie. Encore.

D'un geste nerveux, il fouilla les poches de son manteau posé sur le canapé pour en retirer son briquet et une cigarette. Il l'alluma et en inspira une bouffée incroyablement longue. Le panache de fumée brouilla sa vue. Il s'appuya contre un placard, à la fois épuisé et perdu. Il avait l'impression que ses dernières forces venaient de l'abandonner.

"Qu'est-ce que tu feras si je cherche à recommencer ?"

Les paroles d'Eulalie lui revenaient sans cesse en mémoire, obsédantes. Envoûtantes.

"Je suis vraiment trop con." marmonna-t-il en passant sa main libre contre son visage.

Il l'avait ramenée chez lui. Aux yeux de l'amazone, cela allait forcément sonner comme une invitation. Il secoua la tête, consterné par sa propre inconséquence. Il hésita à ranger toute la nourriture mais au moment où il esquissa un pas vers la table, il perçut du mouvement vers le couloir. Avait-elle déjà fini ? Ou n'avait-elle pas encore commencé ? Il était si agité qu'il n'avait pas prêté attention au bruit de l'eau. Il garda les yeux obstinément fixés sur les maudites fraises alors qu'il grommelait :

"Je sais que tu les aimes."

Etait-ce un aveu ? Ou une simple constatation ? Il ne savait plus. Il porta de nouveau la cigarette à sa bouche, tirant dessus avec acharnement. Il profita que la fumée cache la petite peste à sa vue pour tourner légèrement la tête vers elle, tout en la gardant à demi baissée. Il ne voyait rien d'autre qu'une silhouette imprécise voilée par des volutes empoisonnés.

"Tu devrais passer la nuit ici."

Il détourna aussitôt les yeux, la fumée se dissipant trop vite à son goût.

"Tu auras le temps de trouver un mensonge à raconter à tes amis d'ici là." ajouta-t-il dans un filet de voix.

Avait-elle honte de lui ? Etait-ce pour cette raison qu'elle préférait ne pas leur dire la vérité ? Il ne portait aucun jugement. Si la situation avait été inversée, il aurait probablement agi de la même manière. S'il avait été quelqu'un de bien, il n'aurait pas avoué qu'il avait un penchant pour une pâle imitation d'être humain.

"Je peux même t'aider à en trouver un, si tu veux." fit-il avec un rictus ironique.

Les idées ne manquaient pas. Il suffisait de chercher un peu. Un cadavre dont le sang l'avait éclaboussée, et elle n'avait eu d'autre solution que de se doucher avant de retourner chez elle ? Cela aurait expliqué son silence au téléphone ainsi que sa nuit agitée. Elle travaillait dans la police, après tout. Quant à ses chaussures... elle pouvait très bien les avoir perdues. Il attendit qu'elle propose en premier. Peut-être aurait-elle une idée plus brillante que celle-ci ?

Tout à ses pensées houleuses, Balthazar fixait obstinément ses souliers aux lacets défaits. Il les avait enfilés à la hâte, dans la roseraie. Tout lui rappelait ce moment délicieux, suivi par la mise à mort du fantôme de Lucy. Il tressaillit. Sa main tenant la cigarette se mit à trembler de façon incontrôlable.

"Je comprends que la vérité te soit pénible." murmura-t-il, fébrile. "C'est mieux de mentir."

Les secrets permettent de rester en vie. Lucy avait été un précieux secret dont il s'était débarrassé d'une façon ignoble. A travers une étreinte, elle avait cessé d'exister.

"Quand je te touche, je me sens vivant."
reprit-il dans un filet de voix, les yeux toujours baissés.

C'était la pire torture qu'il pouvait subir, car il se sentait comblé tout en éprouvant une impression de vide et de culpabilité immense.

"Et ça n'est pas acceptable." dit-il, catégorique.

Sa main tremblait toujours. Il porta la cigarette à ses lèvres et en inspira une bouffée. Il marqua une pause pour déclarer dans un panache de fumée trouble :

"Si tout ce que tu as dit est vrai, si tu... tiens à moi. Tu ne dois plus t'approcher."

Il avait hésité, car il ignorait s'il employait les bons mots. Elle avait dit vouloir être à lui, avoir besoin de lui. Elle se trompait. Personne n'avait besoin de quelqu'un comme Sweeney Todd.

"Tu me promets ?"

Il releva les yeux en parlant, braquant un regard glaçant dans le sien. Ce n'était pas une simple question, plutôt un ordre incisif. Il cilla très vite et préféra de nouveau fixer ses chaussures tout en tapotant sa cigarette au bord d'un cendrier, sur la table près des BN. Le regard de l'amazone était bien trop troublant, il ne pouvait s'y risquer trop longtemps sous peine de basculer.
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________________________________________ Jeu 5 Juil 2018 - 16:12


Would it be right if we would stop tonight ?
And all I want is you around. All I want is you.


« Je t'ai préparé un b... »

Je m'étais stoppé brusquement, le regard figé sur tout ce que présentait cette table. J'avais bien émit mon envie de manger quelque chose mais je ne supposais pas qu'il aurait encore... tout ça, chez lui. Si il connaissait mes goûts et les retenait, à l'évidence, je savais également qu'il n'appréciait aucun de ces produits. Qu'ils correspondent à mes propres goûts n'était pas une raison suffisante pour expliquer qu'il les ait. Je secouais la tête, effaçant cette pensée à sa proposition. Ne pas s'opposer au fait que je vienne chez lui était déjà surprenant de sa part, mais émettre la possibilité que je m'attarde était encore plus inconcevable.

Je n'avais aucune envie de mentir à Michel-Ange et à Figue, je comptais simplement dissimuler une partie de l'histoire. C'était différent, non ? Les connaissant, je devrais me montrer patiente avant qu'ils cessent de s'acharner. Et faire preuve d'une affection sans borne envers Figue pour qu'elle me pardonne ce qu'elle allait considérer comme un abandon. Je commençais à remarquer que toutes les personnes que je côtoyais avaient chacune une vision et une expression bien personnelles des sentiments, ce qui ne m'aidait absolument pas à comprendre comment je devais moi-même les gérer.

De quelle vérité pénible parlait-il ? Ce qu'il avait avoué concernant Lucy ? Ou évoquait-il autre chose ? Peut-être était-ce un tout de ce que j'avais réalisé, de ce qu'il avait remarqué, de ce qui avait été dit, de ce qui s'était passé. Je baissais les yeux alors qu'il détournait les siens. Je n'ignorais pas les nombreuses contradictions qui l'animait, cependant elles me paraissaient ce soir encore plus extrêmes et marquées qu'auparavant. Comme souvent, je me retrouvais dans l'entre-deux, basculant constamment d'un bord à l'autre de cet équilibre fragile jusqu'à me sentir moi-même instable.

Je laissais le dessin de Gabrielle près des nombreux gâteaux, hésitant légèrement avant de m'emparer de la barquette de fruits. Je m'installais sur le canapé, la gardant dans une main en abandonnant ma veste à mes cotés. C'était comme si je n'étais jamais partie de cet appartement, comme si je retrouvais simplement ma place. Je savais que ce n'était pas le cas, que je n'avais... rien à faire ici, finalement.

« Non. » prononçais-je finalement, ma tête se penchant légèrement sur le côté.

Il ne pouvait s'attendre à ce que ma réponse lui convienne ou à ce que ce soit aussi simple que ça. Je m'enfonçais davantage dans le canapé et repliais mes jambes à mes côtés, tout en tirant sur le bas de ma robe afin qu'elle ne se mette pas à remonter. Je m'appliquais à ne pas le regarder, n'ayant pas besoin de lui faire face pour qu'il parvienne à me troubler. Si je voulais réfléchir clairement, je ne devais pas laisser sa silhouette me perturber davantage.

« Tu n'as pas le droit d'utiliser mes propres sentiments pour me repousser. C'est comme... un chantage affectif inversé. »

J'affichais une moue perplexe, incertaine de l'exactitude du terme employé. Il me semblait que c'était un procédé proche de celui qu'utilisait Figue pour obtenir ce qu'elle désirait dans les plus brefs délais. "Si tu m'aimais vraiment, tu m'achèterais une glace" ou encore "Je serais triste si tu ne me fais pas de câlin maintenant là tout de suite". Cette méthode fonctionnait particulièrement bien de ce que j'avais pu observer, même si je n'agissais personnellement jamais par obligation avec elle, juste pour lui faire plaisir.

« Tu me culpabilises alors que je ne t'oblige à rien. »

Je portais l'une des fraises à ma bouche, tentant d'en apprécier le goût sucré malgré tous les doutes qui me submergeaient. Je tentais de calmer mon rythme cardiaque en fixant un point sur le mur face à moi, sans que je ne réussisse à m'y concentrer suffisamment pour obtenir un résultat satisfaisant. Le seul souvenir du contact de ses mains me faisait frémir d'une façon que je ne contrôlais pas et je dus contracter mon corps entier pour réfréner ces frissons.

« Même si tu ne trouves pas ça acceptable, si tu me touches, c'est parce que tu en as envie. »

Je sentais comme un trou béant se former au niveau de mon ventre et décidais de le combler en poursuivant ce goûter nocturne improvisé dans le silence. Ça ne m'apportait pas le moindre réconfort, au contraire, les arômes me semblaient de plus en plus insipides contre mon palet. Me faisant une raison – la nourriture ne pouvait pas toujours tout arranger – je frottais négligemment ma main sur le tissu de mon vêtement, avant de remettre la barquette à moitié entamée sur la table.

Il y a quelques mois encore, je n'aurais jamais ainsi poussé ma réflexion. J'agissais selon les directives que l'on me donnait, obéissant parfois même inconsciemment à Hypérion ou à Cassandre. La première moitié de mon existence avait été régie par cette hiérarchie que je respectais tout bonnement sans me soucier de mon propre libre arbitre. Je n'avais pas le droit d'en avoir, à quoi ça pouvait bien me servir ? Je n'étais qu'une créature, qu'un bouclier, qu'une protection, qu'une arme en suspens. J'étais vide. Grand Sourire me l'avait dit à notre première rencontre, même si j'avais tenté de chercher à me convaincre du contraire auprès de mon créateur. Puis il y avait eu Balthazar.

J'avais conscience d'être excessivement jeune et qu'énormément de choses m'échappaient encore. Malgré tout il était aisé, même pour moi, de réaliser que c'était au fil de ces nombreuses semaines passées avec lui que j'avais appris à agir de moi-même, sans attendre que l'on m'impose quoi que ce soit.

« Je t'ai préparé un bain. » réalisais-je soudainement, secouant la tête face à ma négligence. « Il a peut-être refroidi, maintenant. »

C'est ce que j'avais prévu de lui annoncer en le rejoignant dans cette pièce. Ça avait été comme un réflexe en arrivant près de la baignoire, une attention instinctive. Il ne paraissait plus être aussi dévasté qu'il y a peu, mais je savais que ce n'était pas parce qu'il demeurait imperturbable que tout s'était arrangé.

« Tu en plus besoin que moi, je prendrais ma douche après. »

J'attrapais un BN, espérant que le chocolat aurait plus d'effet que le reste, sans grand succès. Je ne le terminais même pas avant de l'abandonner à son tour et mes lèvres se pinçaient dans une expression mêlant à la perfection mon incompréhension et ma déroute.

« Je... »

Cette simple syllabe exprimait toute mon incertitude tandis que je le scrutais, à l'affût de tous les éclaircissements que ses réactions pourraient m'apporter. Les palpitations de mon cœur s'affolaient, dans une sorte de cadence anxieuse et fébrile.

« Je ne pourrais pas tenir cette promesse en restant avec toi. Et je ne pourrais pas supporter de ne plus te voir. »

Mon regard balaya largement la pièce avant de se fixer sur lui. Mes doigts s'accrochaient nerveusement aux plis de ma jupe. Tout dans son apparence me rappelait ce moment à la roseraie, de sa chemise qui n'était pas complètement boutonnée à ses cheveux désordonnés.

« On peut peut-être... trouver un compromis ? »

Mon front se plissa d'un air soucieux et indécis. J'avais l'impression de revenir des mois en arrière, quand il refusait que je reste mais que je n'acceptais pas de partir. On en revenait toujours au même point, même si les enjeux n'étaient plus les mêmes. Je passais ma main dans mes cheveux et je soupirais, me rapprochant du bord du canapé.

« C'est complètement stupide. »

Je me redressais brusquement, prenant une grande inspiration. J'effaçais la distance qui nous séparait trop rapidement tandis que ma voix exprimait toute mon impatience.Je n'avais pas eu l'intention de le toucher dans un premier temps, trouvant égoïste de lui imposer un contact tandis qu'il réclamait l'opposé.

« C'est ce que tu veux aussi alors pourquoi est-ce que tu t'en priverais ? »

Mes yeux s'étaient relevés vers les siens et, oubliant sa requête, ma main se porta à son visage pour l'inciter à me regarder. Qu'il m'ignore était la pire des sensations. Sa souffrance n'était pas une raison qui me paraissait suffisante pour m'inciter à m'éloigner. Ne m'avait-il pas apprit que lorsque cela faisait mal, c'était que le sentiment était fondé ? Ma main glissa le long de son col ouvert, ma gorge se serrant par réflexe.

« Tu penses que je n'aurais plus envie de toi si jamais tu me racontais tout ce que tu as fais. » articulais-je dans un murmure.

Les doigts de ma main libre frôlaient à peine son poignet, faisant remonter le bord du tissu qui le couvrait pour s'attarder près de ses marques qu'il s'était infligé.

« Pourtant tu ne me parles jamais de toi. De ce que tu crois être, de ce que tu veux, de ce que tu penses. »

Je commençais lentement et difficilement à défaire les boutons qui tenaient encore la chemise contre sa peau. Ce n'était pas tâche aisée et je craignais de l'abîmer, moi qui me fichait auparavant de détruire le moindre de ses habits.

« Je ne fuirais pas face au ''monstre'', il ne me fait pas peur. Il n'existe même pas. Il n'y a que toi... et je n'ai jamais tenté de t'échapper. »

J'ignorais ce que j'étais en train de faire. Était-ce de la provocation ? Une façon de le forcer à parler pour qu'enfin je puisse comprendre les mécanismes de son esprit ? Est-ce que ce serait vraiment une bonne chose, que je sache tout ce qui se tramait dans ses songes ? Je l'ignorais également. Je n'avais pas non plus envie qu'il prononce le moindre mot. J'étais persuadée que ça ne changerait rien, de toute façon.
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Balthazar Graves


« Tic tac,
sonne le glas. »


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________________________________________ Mar 10 Juil 2018 - 19:48


In the dead of night strange things happen
In the dead of night the world goes cold.


La petite peste n'approuvait pas sa requête. Elle ne s'y soumettait pas. Evidemment. Balthazar n'en était pas vraiment surpris. Après tout, elle prenait un malin plaisir à le contrarier sans arrêt. En revanche, il était étonné qu'elle se montre aussi pertinente dans son raisonnement. Elle devenait de moins en moins ingénue. Il médita ses paroles tout en terminant sa cigarette, se détendant à mesure qu'il la voyait installée dans le canapé, à plusieurs mètres de lui. La distance lui parut annulée instantanément lorsqu'il l'entendit dire qu'elle lui avait préparé un bain. Il manqua de gober ce qui restait de sa cigarette, puis l'écrasa dans le cendrier posé sur la table. La nervosité avait repris le dessus sur son calme apparent.

Il avait appris à Eulalie à le provoquer, et elle devenait une adversaire redoutable dans ce domaine.

Il esquissa un rictus désabusé en l'écoutant proposer un "compromis". Une fois encore, sa candeur déconcertante lui sautait aux yeux. Cependant, elle réalisa toute seule que ce n'était pas une idée viable. Il n'existait aucun compromis, aucune version de cette histoire avec une fin heureuse. Ne le comprenait-elle pas ? Un vague trouble le saisit lorsqu'il établit l'hypothèse qu'elle ne désirait peut-être pas ce schéma dont tous les gens ordinaires rêvaient. Il venait de se rappeler qu'elle était loin d'être comme les autres. Elle ne répondait pas aux critères de base. Alors, se pouvait-il que...? Il chassa cette idée avant même qu'elle ne germe totalement dans son esprit. Peu importait si Eulalie n'avait pas d'attentes particulières. Ce n'était pas le centre épineux du problème. Elle devait cesser d'éclipser Lucy de sa mémoire.

Il tressaillit en voyant l'amazone franchir toutes les limites pour le rejoindre. Jusqu'à présent, il avait réussi à ne pas la regarder, mais cet exercice devenait de plus en plus complexe alors qu'il sentait de nouveau son odeur et son corps si près du sien. Il tenta de rester insensible à sa main qui effleura d'abord son visage, puis son cou, tandis que l'autre caressait délicatement les fines cicatrices à son poignet. Elle touchait précisément les marques par lesquelles il avait voulu se supprimer pour le meurtre de sa femme. Faisait-elle exprès de planter le couteau dans la plaie et de tourner la lame encore et encore ?

"Tu penses que je n'aurais plus envie de toi si jamais tu me racontais tout ce que tu as fais."

C'était une certitude. A moins qu'elle ne soit complètement folle et inconsciente. Ce point aurait été à vérifier, d'ailleurs.

Elle avait une façon bien à elle de le toucher, tout en l'incitant à se dévoiler. Ses doigts passaient en dessous de sa chemise afin de la déboutonner ; il sentait ses mains le frôler de temps à autre, supplice supplémentaire dont il se serait bien passé.

Je ne te dirai rien. songea-t-il tout en plantant un regard rageur dans le sien.

Elle le savait déjà, inutile de l'exprimer à haute voix. Il ne révèlerait jamais les sombres abysses de ses souvenirs. Mieux valait qu'ils croupissent dans les recoins obscurs de sa mémoire.

Le dernier bouton céda. Il se contracta, bloquant sa respiration un court moment. Pourquoi s'acharnait-elle à le tourmenter ? Par jeu. Par provocation. Plus peste que jamais.

Il crispa la mâchoire, se sentant trahi par lui-même alors qu'il prenait conscience d'une chose : son corps la réclamait encore. Elle éveillait tant de vie en lui qu'il en eut le tournis un bref instant. Il ne s'était plus senti aussi exalté depuis tellement longtemps... Il ne devait pas se laisser envahir par ce frisson délicieux, et contrôler ses bas instincts qui l'incitaient à passer les mains le long de sa robe trop légère pour l'approcher davantage de lui. Elle était bien trop désirable, là résidait tout le problème. L'air qui l'entourait se changeait en électricité.

L'une de ses mains se stoppa au niveau de ses cuisses alors que la seconde se plaçait dans son dos. Brusquement, il la fit pivoter légèrement de côté, de sorte à la soulever pour la prendre dans ses bras. Sans un mot, il la porta à travers le couloir. En passant près de la salle de bains ouverte, il jeta un vague coup d'oeil à la baignoire emplie d'eau. Un instant, il hésita à jeter l'amazone dedans. Peut-être que cela la refroidirait ? L'incertitude l'incita à ne rien faire.

A la place, il poursuivit son chemin d'un pas vif jusqu'à sa chambre au bout du couloir qu'il ouvrit d'un coup de pied. Puis, il posa la petite peste au sol d'une façon un peu brutale et teintée de maladresse.

"Reste là." ordonna-t-il sans grande conviction.

Il avait songé à l'enfermer à clé dans une pièce, mais il savait qu'aucune serrure ne pouvait l'arrêter. Rien ne pouvait stopper ses ardeurs. Il se mordit les lèvres tout en l'observant. Ses cheveux emmêlés lui conféraient une allure sauvage. La pénombre rendait sa peau encore plus pâle. Sa robe au tissu fin et vaporeux dévoilait la moindre de ses formes de façon trop suggestive. Il ferma les yeux et passa une main contre ses paupières. Les soulevant, il laissa échapper un soupir crispé.

"Tu peux passer la nuit ici. ICI." appuya-t-il en désignant la chambre d'un geste sec. "Utilise la salle de bains si tu veux mais... tu ne dépasses pas le couloir."

Hors de question de me rejoindre.

Il lui adressa un regard incisif, comme pour lui faire bien comprendre qu'il était sérieux.

"Il n'y a plus rien dans ta chambre."
maugréa-t-il, justifiant le fait qu'il ne l'avait pas emmenée là-bas.

Remarquant qu'une des bretelles de la robe avait glissé pendant le "transport", il la replaça machinalement. Sa main s'égara quelques secondes de trop contre son épaule après ce geste. Il finit par s'écarter.

"Bonne nuit."

Il réalisa que c'était la première fois qu'il prononçait ces paroles à son égard. C'était aberrant sachant qu'ils avaient cohabité ensemble durant plusieurs mois. Tout était très différent alors. Il n'avait pas le même attachement, ou n'en avait pas encore conscience.

Il se détourna, s'éloignant de quelques pas, et pivota brusquement, la main sur la poignée de la porte.

"Tu restes là." répéta-t-il, autoritaire.

Cherchait-il à la garder jalousement quelques heures encore à sa portée ? La séparation n'en serait pas moins douloureuse pour autant. Tourmenté, il retourna jusqu'au salon et se vautra sur le canapé, le visage enfoncé dans un coussin. Elle avait dit ne pas pouvoir ne plus le voir, et ne pas réussir non plus à rester "sage" en sa présence. Il serait forcément condamné à la recroiser. Il faudrait qu'il soit capable de la repousser. Freiner les ardeurs d'une amazone, rien de plus facile... La sombre ironie de son existence lui arracha un grognement las. Il savait par avance qu'il ne pourrait gagner ce combat. Surtout... qu'il ne voulait pas le gagner.

Il se retourna sur le canapé, restant allongé sur le côté. Les yeux fermés, il imagina poursuivre ce que sa conscience l'empêchait de faire. Il se vit se relever, retourner auprès d'Eulalie et...

Sa main se crispa sur le coussin. Non.
Même en pensée, c'était trahir Lucy. Il se maudit une fois de plus d'être si faible. Il n'y avait donc aucune échappatoire pour son désir. Aucune.
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________________________________________ Dim 15 Juil 2018 - 14:29


Your quiet mind speaks so loud.
So who am I, if I stand between the darkness and the light ?


Je restais immobile à fixer la porte sans ciller pendant de longues et interminables secondes. J'étais persuadée qu'il finirait par revenir, même si je n'entendais plus le moindre bruit de pas allant dans le sens de cette hypothèse. Il ne pouvait pas me laisser de cette façon et s'imaginer que je respecterais sans protester les limites qu'il m'imposait. Pas après ce que je lui avais dis. M'abandonner sur le palier aurait été une méthode plus efficace pour se débarrasser de moi. Je n'aurais pas apprécié, mais j'aurais pu la comprendre. Au lieu de ça, il m'abandonnait dans sa chambre, sans aucune distraction. S'attendait-il vraiment à ce que j'obtempère sagement ? Il n'était pas stupide. Les chances pour que je parvienne à passer des heures à attendre ici que le soleil se lève sans rechigner étaient minces, si ce n'est inexistantes.

Les lèvres pincées, je finis par me rendre à l'évidence. Il ne reviendrait pas de lui-même. Si j'étais troublée par tout ce qui s'était passé, lui l'était encore davantage. Je devais le laisser respirer, je n'avais pas besoin de constamment m'acharner. Et puis... c'était la première fois que je visitais cette pièce. Je ne m'en étais jamais donné le droit pendant nos quelques mois de cohabitation. Autant en profiter, puisqu'il m'y avait laissé seule de son plein gré.

Je serrais mes bras contre mon ventre avant de pivoter, aussi intriguée que dérangée à l'idée de cette exploration inattendue. Au premier coup d'oeil, rien n'attirait mon attention. Tout était relativement sombre mais je ne prie pas la peine d'allumer la lumière. La décoration était absente, bien éloignée de celle de la chambre que j'avais occupé dans ce même appartement. Est-ce qu'il la considérait toujours comme la mienne ? C'était ce qu'il avait dit, non ? Ta chambre. Cette appellation m'avait procuré comme une étrange sorte de satisfaction.

Je m'approchais des livres près de la fenêtre et lâchais une grimace en déchiffrant les titres des différents ouvrages empilés. Je les avais d'abord considérés comme un moyen de m'occuper mais cette perspective ne me convenait plus. Qu'avaient-ils tous avec ce lanceur de chaises renommé ? Si Balthazar ne semblait pas s'y être attardé, étant donné la poussière présente, Apollon lui avait récemment regardé tous les films et la série à son nom en l'espace d'une seule journée. Je ne comprenais pas en quoi les histoires de ce détective arrogant pouvaient intéresser un dieu. Ou un psychopathe. Je préférais lire les écrits de Jules, ils étaient forcément plus intéressants.

Une moue agacée sur le visage, je les feuilletais brièvement avant de m'emparer d'un carnet à l'allure différente des autres. Il ne contenait aucun texte savamment écrit afin de dépeindre un récit sublime... tout se faisait en images. Mes yeux passaient de l'une à l'autre de manière rapide et désordonnée tandis que j'étais prête à parier qu'elles se mettaient à se mouvoir, si je les observais trop longuement. Je refermais brusquement l'album, hésitant à le jeter à travers la vitre. Au lieu de ça, je le tournais dans tous les sens, encore plus perplexe à la lecture du message qui se trouvait derrière. Si le délai n'avait pas été aussi long et si un numéro avait été fourni, j'aurais certainement appeler pour poser la centaine de questions qui m'envahissait. Il était préférable que je ne sache rien de plus. Les clichés étaient suffisants pour prouver le niveau d'amusement de son séjour à Venise. Tout comme l'identité de celui qui l'avait accompagné.

Je m'écartais, curieusement irritée, pour poursuivre par l'inspection de la penderie et celle de la commode. Ma crispation augmenta à nouveau en tombant sur cet objet de cristal que j'avais déjà remarqué auparavant. Il avait été gardé avec le reste de ses possessions pendant sa très courte incarcération. Il devait y tenir, pour l'avoir conservé sur lui avant de le ranger ici. Qui lui avait donné ? Et si je lui avais offert quoi que ce soit, est-ce qu'il l'aurait gardé aussi précieusement ? Plus précipitamment, j'ouvrais les autres tiroirs, dérangeant davantage ses vêtements tout en cherchant de quoi me changer. Je ne supportais plus cette robe qui me rappelait chacune de ses caresses.

Je l'abandonnais sur le meuble, perplexe quant à cette nouvelle tenue. Je ne m'étais pas attendue à ce que ce pyjama soit encore ici quelque part, n'ayant jamais pris la peine de le récupérer depuis que je lui avais donné à l'hôpital. Il était trop grand. Trop large. Trop long. Je n'étais pas habitué à me couvrir autant. J'avais l'impression de nager dans ce tissu qui ne tenait même pas correctement, ayant bien du mal à le considérer comme confortable tout en y étant à l'aise. C'était extrêmement dérangeant. Je lâchais un soupir contrarié, tournant sur moi-même.

Il ne restait plus que ce calendrier au mur. J'en avais un aussi, à la colocation, pour noter toutes les dates importantes. Les anniversaires à ne pas oublier, les fêtes à ne pas rater. C'était pour ça qu'il s'en servait, lui aussi ? La suite de traits noirs qui barraient chaque jour depuis le mois dernier attisait ma curiosité, autant que quelques autres rouges s'y ajoutant parfois. Il était possible que cela représente les fois où il avait commit des meurtres, non ? Même si je ne voyais pas pourquoi ça n'avait commencé qu'à mon départ. Ce n'était pas lié. Ça devait être à cause du retour de Grand Sourire, ou suite à la disparition de Moustache. A moins qu'il ne se soit mis à compter le nombre de jours pendant lesquels je l'avais laissé tranquille. Et ces dates se démarquant de rouges pouvaient bien être toutes ces fois où il avait voyagé avec Holmes. Mes doigts se crispèrent contre la poignée que j'avais agrippé, manquant de la briser dans mon impatience.

Trop vivement, je sortais de la pièce, claquant violemment – et volontairement – la porte derrière moi. J'avais marqué un temps d'hésitation avant de faire les quelques pas qui me séparaient du salon. Il voulait que je reste. Tout en sachant très bien ce que ça pouvait impliquer.

J'avais comme but de le pousser de ce canapé que je comptais bien revendiquer mais l'y voir ainsi affalé me fit douter un instant et je changeais immédiatement mes plans. Sans le dégager de sa place, je le forçais néanmoins à se retourner sur le dos en passant subitement au-dessus de lui. La posture n'était pas des plus pratiques avec le peu d'espace disponible, mais elle me convenait à vrai dire parfaitement.

Ma respiration resta stable, même lorsque ma main agrippa sa nuque pour l'inciter à relever légèrement sa tête. Mon rythme cardiaque commença à s'accélérer lorsque je me penchais vers lui et j'en perdis totalement le contrôle au moment où mes lèvres se posaient sur les siennes. Un contact direct et délicat auquel il n'aurait pas le temps de s'opposer. Il ne m'en fallait pas plus pour me mettre à frissonner et voir toutes mes idées embrouillées. Mon corps réagissait naturellement, se collant à lui d'une façon trop suggestive.

Je ne pouvais nier avoir subitement plus chaud tandis que mes jambes s'étaient serrées davantage contre lui. Je tentais au mieux de tout réfréner. Ce n'était pas ce que j'avais prévu. Je voulais lui faire part de mon agacement, de mon ennui, lui dire que je ne voulais pas de sa chambre et que je souhaitais garder le salon. Lui demander si il réservait le privilège de pouvoir faire des batailles d'oreillers uniquement à Holmes, ou encore si la danse qu'il avait partagé avec lui avait été plus agréable que la nôtre. Mais mes paroles ne l'atteignaient pas suffisamment. Mes actes auraient peut-être plus d'impact.

« Bonne nuit, Balthazar. » murmurais-je simplement, le souffle court tandis que mon visage était toujours trop près du sien.

Je dûs faire appel à tout ce qui me restait de volonté pour me reculer et me redresser, le libérant de ma prise. Sans un regard supplémentaire dans sa direction, j'allais attraper les gâteaux qui restaient sur la table et fouillais les poches de ma veste pour y récupérer mon téléphone, tenant maladroitement les bords trop amples du pyjama contre ma taille. Il fallait bien que je trouve un moyen d'occuper les quelques heures que j'allais encore passer dans cette chambre dans laquelle je m'enfermais.

Cette nuit allait être interminable et horriblement frustrante. Mais au moins, je m'étais assurée qu'elle ne le serait pas que pour moi.
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