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 Troubles yet to come ✧ BALTHY

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Eulalie


« On flotte tous en bas ! »


Eulalie


╰☆╮ Avatar : Holland Roden

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________________________________________ Jeu 24 Jan 2019 - 14:53


How did it come to this ?
Don't know how to pretend, 'cause I'm not bulletproof.


Le retour à la réalité était brusque, violent, pénible. J'éprouvais des difficultés à respirer depuis le moment où il avait quitté la pièce. Ma peau me brûlait à tous les endroits qu'il avait effleuré, touché, caressé. Dès que je fermais les yeux, je ne revoyais que cette scène étrange. Celle où il s'était écarté si violemment que mon cœur avait raté plusieurs battements. Celle où j'avais ressenti une telle panique que j'avais cru défaillir. Et ses paroles résonnaient encore à mes oreilles. Celles qui me faisaient frémir de façon presque euphorique. Celles qui me perçaient le cœur à vif.

J'étais à la fois blessée, attristée, contrariée, peinée. Je me répétais inlassablement les mêmes mots, comme s'ils étaient suffisants pour me rassurer. Je ne suis pas rien. Peut-être que cela aurait pu me réconforter, si seulement il s'était arrêté à ça. Si il n'avait pas fait preuve de tant de transparence. De sincérité. De cruauté. Je prenais une grande inspiration face au miroir, incapable de me décider à sortir et préférant rester à dévisager mon reflet. Je ne lui ressemblais pas. Pas même vaguement. Je pensais qu'il le voyait. Qu'il ne voyait que moi. Pourtant, c'était bien elle qu'il... s'imaginait.

Dans un état second, j'avais réussi à récupérer une partie de mes affaires, ma poitrine se compressant à chaque nouveau mouvement de ma part lorsque je les avais enfilé. Je supposais que je pouvais me considérer en état de choc... ou quelque chose s'en rapprochant. Je n'avais pas l'impression d'être celle qui faisait agir et bouger mon corps tremblant. La porte des toilettes s'ouvrit et me fit sursauter. Vivement, je tentais de redonner une apparence correcte à mes cheveux, mais abandonnais très vite cette tâche. Mon regard transpirait de gêne et d'incompréhension lorsque je me retournais vers la jeune femme. J'en avais presque oublié où je me trouvais.

J'ouvrais la bouche, indécise, sans savoir si je devais présenter des excuses ou me contenter de fuir loin d'ici. Elle semblait tout aussi hésitante que moi. Mais chacun de mes muscles se contracta avant même que mon esprit ne réagisse. Je l'avais déjà vu. C'était une drôle de coïncidence que de la retrouver ici. Trop absurde pour être un hasard.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » marmonnais-je, plus abruptement que je ne l'aurai souhaité.

Mes doigts se crispèrent contre le meuble face au lavabo tandis qu'elle restait immobile.

« Faire pipi. »

Sa réponse, bien qu'incertaine, me laissa quelque peu dubitative. Elle désigna une des cabines avant d'y entrer et je restais figée, incapable de réfléchir correctement. Vraiment ? C'était juste ça ? Je lâchais ou soupir et passais une main sur mon visage. Etait-il possible que je développe de trop grandes tendances paranoïaques ? Comme si je n'avais déjà pas assez de défauts à gérer au quotidien.

J'ignorais le bruit qui s'éleva derrière moi mais regrettais finalement de ne pas avoir profité de ce court instant pour m'échapper. La jeune femme se rapprocher pour se laver les mains et je remarquais qu'elle se retenait pour ne pas me lancer de coups d'oeil trop appuyé. Je ne me gênais pas, personnellement. Je la suivis du regard tandis qu'elle se penchait, presque curieuse, mais ouvrais de grands yeux lorsqu'elle me tendit ce qu'elle venait de ramasser.

« Je... pense que c'est à vous. »

« Non. » répliquais-je sèchement, refusant de les récupérer. « C'était... là avant. »

J'avais conscience que je ne devais pas être des plus convaincantes. Elle pouvait bien les jeter, les brûler, les mettre dans les toilettes, leur sort ne m'intéressait pas le moins du monde. Elle se contenta de cligner des yeux avant des les reposer sur le rebord du lavabo. Ils étaient très bien ici. Je n'avais pas envie de les toucher.

« Je sais que ça ne me regarde pas mais... vous avez l'air d'avoir passé une soirée difficile. »

Son regard était indécis. Le mien tout autant.

« C'est de votre faute. » soupirais-je, si contractée que ça en devenait douloureux.

Je secouais la tête. Pourquoi est-ce que je la traitais ainsi ? Le seul qui aurait mérité que je fasse preuve d'aussi peu d'amabilité était Balthazar. Quoi que j'en aurai certainement été incapable s'il s'était trouvé face à moi. L'affronter aurait été trop douloureux et la façon dont lui avait évité de croiser mon regard m'insupportait encore.

« Pas vous, précisément. Mais votre Pellicule. Bien que ça aurait certainement été catastrophique même sans ça... ça l'est toujours. Peu importe. »

Je ne désirais ni en parler, ni y penser. Ce n'était pas uniquement mon cœur qui était tenaillé. J'avais l'impression que ce qui me servait d'âme souffrait le martyre. Je détournais la tête face à sa moue soucieuse. L'atmosphère avait radicalement changé depuis qu'elle était rentrée mais ce n'était pas suffisant pour m'apaiser.

« J'avais prévenu que c'est une épreuve de visionner certaines choses. » finit-elle par prononcer. « Le passé, c'est douloureux, comme dirait Rafiki. Mais on peut soit le fuir, soit tout en apprendre. »

Je lui jetais un coup d'oeil intriguée. Ce n'était pas un auteur qu'elle venait de citer, mais bien un personnage de dessin-animé, n'est-ce pas ? Je connaissais le Roi Lion par cœur, même si dans une telle situation, ça me semblait être une remarque incohérente. Elle avait au moins eu le mérite de me faire penser à autre chose pendant quelques secondes.

« Je vous offre un chocolat chaud. Ça va vous faire du bien. »

Je clignais des yeux tandis qu'elle se dirigeait vers la porte. Je n'avais plus vraiment soif maintenant. Ce n'était pas dans mes priorités. Encore moins avec quelqu'un dont je ne savais rien. Mais... quelles autres options se présentaient à moi ? Aller le retrouver lui ? Hors de question. Pas comme ça. Je ne pouvais pas rentrer non plus. Michel-Ange s'inquiéterait en me voyant, Basile m'interrogerait, Théodore dirait que tout allait s'arranger même si ce n'était pas vrai et... je n'avais aucune idée de ce que moi, je voulais faire.

« Ça aussi, je suppose que c'était là avant ? »

Je sursautais alors qu'elle avait récupéré l'écharpe au sol, ignorant son léger sourire qui n'avait rien de mesquin, et la rejoignais pour la lui prendre des mains avec hâte.

« Elle est juste tombée. » marmonnais-je, la tête baissée, en m'efforçant de ne pas penser à la façon dont elle avait atterrie ici.

Je frémis malgré tout et la dépassais pour sortir de la pièce, en sentant mes joues s'empourprer alors que je m'abaissais pour m'emparer de mon manteau. Je n'étais pas facilement embarrassée, mais le contexte me rendait bien plus sensible à toutes les émotions. Je n'avais pas réalisé sur le coup que je m'étais tant éparpillée.

« Je suis très maladroite. » me justifiais-je sans grande conviction alors que je me mordais les lèvres, tout en relevant ma tête vers elle. « Pourquoi vous êtes si gentille ? »

C'était trop direct comme question. Ça ne se faisait pas. Ce n'était pas correct. Je m'en fichais à cet instant, c'était bien trop curieux de la voir ici, bien trop étrange comme comportement ou plutôt... trop différent de ce que je venais de subir.

« Je peux passer mon chemin et être détestable, si vous préférez. »

Et... est-ce qu'elle allait le faire ? Je me surpris à en être inquiétée. Je n'étais pas certaine de vouloir être seule.

« Mais j'ai l'impression que vous avez besoin de réconfort. Je n'aime pas voir les gens tristes. Et puis vous avez l'air sympa, même si vous semblez aussi vous déshabiller un peu n'importe où. »

J'aurai sans doute dû m'offusquer d'une telle remarque mais ce n'était pas la première fois qu'on me la faisait. C'était certainement une de ses habitudes que j'aurai dû changer mais que je n'arrivais pas à contrôler. Je serrais un peu plus mon manteau contre moi avant de la suivre vers le comptoir, récupérant le sac que j'avais laissé sur une des banquettes à notre passage.

« Ça vous va ? »

Je relevais la tête et ouvrais la bouche sans savoir quoi répondre. Je n'en avais pas la moindre idée. Je n'avais pas écouté ce qu'elle avait commandé, trop occupée à vérifier si j'avais reçu le moindre message.

« Sinon, vous pouvez prendre autre chose. Je suis peut-être un peu trop autoritaire. » poursuivit-elle en replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Je ne vois pas beaucoup de monde, enfin à part les clients du cinéma, mais ce n'est pas la même chose. Je discute très peu, au final. »

Elle donnait l'impression d'être anxieuse. Elle n'avait aucune raison de l'être. La seule qui devait être mal à l'aise entre nous deux, c'était moi.

« Non, non c'est très bien. » préférais-je la rassurer, sans doute trop précipitamment. « Je n'ai plus très soif ni très faim, en fait, mais... Je peux payer quand même. Si vous voulez. »

C'était une règle de politesse. Même si elle m'invitait, il était normal que je le propose, mais elle tendit un billet à l'employé derrière la caisse avant que j'ai eu le temps de remettre la main sur mon propre porte-feuille.

« Vous n'aimez pas parler ? Ou vous n'avez pas d'amis ? » l'interrogeais-je alors, prenant trop tard conscience de mon indiscrétion. « On me dit souvent que je parle pour deux. On devrait bien s'entendre. »

« C'est plutôt la seconde option. »

Elle avait laissé échappé un petit rire. Cela voulait bien dire que je ne l'avais pas vexé, non ? Je me prenais la tête sur des broutilles. J'avais l'impression que mon crâne pesait une tonne.

« J'adore parler mais il y a souvent personne pour m'écouter. Du coup, je parle seule. »

C'était quelque chose que je faisais souvent, aussi. Ça permettait de mettre de l'ordre dans mes pensées de les exprimer à haute voix.

« Je m'appelle Eulalie. » me décidais-je finalement à préciser, en tendant ma main qu'elle observa avec curiosité.

« Winifred. » finit-elle par répondre en la serrant. « C'est mon prénom. C'est bizarre. C'est comme moi. »

Définitivement, elle me faisait un peu... penser à moi.

Je ne prononçais pas un mot de plus lorsqu'elle récupéra ce qui me parut être nos deux chocolats chauds. J'avais l'impression de m'imposer même si c'est elle qui m'avait proposé de rester avec elle.

« Vous préférez marcher, peut-être ? »

J'hésitais. Prendre l'air m'aurait fait du bien. Je risquais d'attraper froid, cela dit. Elle sembla le remarquer puisqu'elle jeta un coup d'oeil à mes jambes. Est-ce que j'aurai dû prendre les collants finalement ? Non. J'étais mieux sans. Elle indiqua une table et je restais docile, m'installant face à elle sans savoir ce que je devais dire à présent.

« Ça fait quoi d'être avec un garçon ? »

Je manquais une inspiration. J'avais bien entendu ? Mes yeux s'ouvrirent en grand tandis que je la dévisageais. Je n'étais pas préparée à une telle interrogation de sa part.

« Désolée, c'est peut-être trop hard comme façon d'aborder la discussion mais... je ne suis pas idiote. » ajouta la jeune femme en regardant brièvement le couloir menant aux toilettes. « Je sais qu'on ne se connait pas mais... J'aurai probablement jamais la chance de le savoir par moi-même alors disons que... je voudrais le vivre par procuration. »

Je ne cessais de la détailler pendant qu'elle soulevait le couvercle de sa boisson et commençait à en manger le topping dans le plus grand des calmes. J'avais donc bien entendu. Ce n'était pas une hallucination. C'était complètement absurde.

« C'est... » commençais-je, mes mains posées sur mes genoux que je sentais trembler. « C'est peut-être mieux de ne pas connaître... ça évite d'avoir mal. »

Je n'étais pas persuadée qu'il s'agisse de la meilleure entrée en matière qui soit. Je n'osais plus la regarder à présent. Je me pinçais les lèvres, en proie à la gêne et à l'hésitation, encore davantage que précédemment.

« Pas physiquement ! » rajoutais-je avec hâte. « Enfin... des fois... pour certaines personnes, j'imagine, je ne suis pas la mieux placée pour en parler, je n'ai pas facilement mal. C'est plutôt... agréable la plupart du temps. Je veux dire que ça fait mal... mentalement. C'est pire. Même si c'est normal. Je crois. »

Je m'enfonçais à ma place tout en secouant la tête. Je n'avais aucune idée de ce que j'étais en train de raconter. Et je supposais que Winifried non plus puisqu'elle semblait de plus en plus traumatisée par mes propos.

« Pardon. Ça ne répond pas à votre question. En général c'est moi qui en pose, je ne suis pas très douée pour expliquer. »

Elle ne s'adressait pas à la bonne personne. C'était même tout le contraire. Distraitement, je faisais tourner mon propre gobelet entre mes mains dans un geste nerveux.

« Pourquoi ? Pourquoi vous ne pourriez pas le vivre vous-même ? »

La question m'avait échappé en même temps que j'avais relevé les yeux vers elle. Je ne comprenais pas comment cela pouvait être possible.

« Si j'ai pu... tout le monde le peut. »

« Disons que... c'est compliqué. » répondit-elle avec un sourire qui me faisait inexplicablement de la peine. « Je n'ai pas spécialement de contact avec des gens de mon âge. Et je n'ai pas envie de me rabattre sur les employés du cinéma. Ils sont vieux et bedonnants. »

Elle avait ajouté ces derniers mots à voix basse et j'avais immédiatement hoché la tête. Je voyais de quel genre de personnes elle pouvait parler. Ça me rappelait vaguement cet homme que je croisais souvent à divers endroits de la ville, depuis que j'avais vécu à l'hôtel avec Balthazar et qu'il m'avait surprise une fois sans le moindre vêtement... Je me mordais les lèvres. Je n'avais pas envie d'y penser maintenant.

« Qu'est-ce que vous lui trouvez à monsieur Graves ? Pour le peu que j'en ai vu, il n'a pas l'air très sympa... et vous semblez être son opposé. Vous devriez trouver quelqu'un qui... vous mérite. »

Son air compatissant me tendit instinctivement et mes sourcils se froncèrent. Tout me ramenait toujours à lui, même une inconnue qui n'avait fait que nous croiser rapidement dans un cinéma.

« Vous ne pouvez pas dire ça. Vous ne le connaissez pas. »

J'étais étonnée de ma propre méfiance qui naissait à son égard. Mes doutes avaient été effacés par sa gentillesse mais elle venait de les réveiller avec une simple phrase. J'avais tendance à m'irriter facilement dès que ça le concernait. Je soupirais et commençais inconsciemment à triturer le couvercle de mon propre gobelet.

« Pourquoi est-ce qu'il ne me mériterait pas ? Je sais que je suis extraordinaire, mais il l'est aussi, à sa façon. Même si il est horripilant, insupportable et cruel. Il n'est pas que ça. Il est... spécial et je me sens spéciale avec lui, ou en tout cas c'était le cas, je ne sais plus vraiment maintenant et... Personne ne peut juger ce que je ressens, de toute façon. Je n'ai pas à me justifier. C'est comme ça. »

Je secouais vivement la tête alors que je perdais le souffle à force de parler si vite. Le plastique dans mes mains étaient tordu et j'étais prête à parier qu'avec ma force habituelle, la table aurait subit le même traitement. Tout ça allait trop vite. Ma prise de conscience s'était produite au pire des moments possibles.

« Désolée. » ajoutais-je, d'une voix moins agitée. « Je ne devrais pas m'emporter. Vous avez peut-être... probablement raison. C'est juste qu'on vient de se rencontrer et que vous me faites la même remarque que tous les autres. C'est... agaçant. »

J'en avais assez. J'atteignais mes limites. Mais ce n'était pas une raison pour faire d'elle la cible de l'évacuation de toute ma contrariété.

« C'est compliqué pour tout le monde finalement, je suppose. » articulais-je en prenant une gorgée incertaine du chocolat. « Mais vous êtes jeune alors... vous trouverez quelqu'un avec qui vous aurez une fusion parfaite, un jour, c'est évident. »

Parler d'elle me paraissait être moins pénible. C'était assez bas de ma part de vouloir détourner le sujet de cette conversation mais ma vie privée ne concernait que moi, non ? Winifried se contentait de tourner sa cuillère dans son gobelet avec une apparente sérénité. Elle ne semblait pas offusquée. J'en étais encore plus intriguée.

« Parfois, on ne veut pas voir la vérité en face. » répliqua-t-elle. « C'est dur à accepter. J'ai mis du temps aussi. »

Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? J'avais déjà subit en terme de Vérité, assez pour toute une vie certainement, je n'avais pas besoin de plus.

« Et j'en sais suffisamment sur monsieur Graves. »

… Donc elle le connaissait ?

« Il a tué mon père. »

Je m'étranglais presque avec mon chocolat, reposant brusquement le gobelet contre la table. Elle me fixait d'une drôle de façon. A la fois triste et sévère. Je sentais mon cœur sur le point d'exploser, lui qui avait déjà tant de mal à tenir le coup depuis plusieurs minutes.

Je ne savais combien de temps j'avais gardé le silence tout en la détaillant. A la recherche d'une once de fourberie ou de tromperie. Elle était honnête, pourtant. J'aurai préféré que les gens cessent de m'agresser de leur sincérité.

« C'était de vous, le message ? »

J'étais bien plus tranquille que je me l'étais imaginée. Je n'éprouvais pas vraiment de choc, seulement de l'étonnement à cette annonce imprévue. Ça me paraissait être une évidence à présent. Mais elle ne prit pas la peine de me répondre.

« C'était avant, n'est-ce pas ? Avant la malédiction ? »

Ma tête se pencha quelque peu sur le côté pendant que je la dévisageais. De ce que je savais, il n'avait pas commit de grandes atrocités à Storybrooke, il n'aurait pas pu être si discret. Même si... tout était possible après tout. Je me pinçais les lèvres, affichant un air navré.

« Je comprends. Je le détesterai aussi à votre place. Je l'aurai même déjà tué. C'est naturel de vouloir se venger. »

Si elle était capable de faire des aveux, je ne voyais pas pourquoi je devrais me retenir de faire preuve de transparence. Après tout, j'étais en partie créée pour tuer. C'était dans ma nature. Je serrai si fort mon gobelet entre mes mains que je le sentis se rétracter entre mes doigts.

« Il voudra se débarrasser de vous si il l'apprend. » fis-je remarquer, consciente que le dire à haute voix n'allait pas la rassurer. « Il ne sait pas... gérer autrement les choses. »

Je secouais la tête. Il m'aurait achevé depuis longtemps si il avait pu après tout.

« Pourquoi me dire tout ça à moi ? »

C'était ce qui m'échappait. Je n'avais rien fait pour l'inciter aux confidences. C'était même l'opposé. Est-ce que je dégageais quelque chose qui mettait les gens à l'aise ? Ça ne fonctionnait pas sur tout le monde à l'évidence.

« Je compte sur vous pour ne pas lui répéter. » exprima-t-elle avec une légère crainte que je pouvais comprendre. « J'ai l'impression que je peux avoir confiance en vous. C'est le cas, n'est-ce pas ? Je n'ai... personne à qui en parler. Depuis que je le sais. »

Je ne répondis pas. Elle posa une main contre son crâne, cet air désemparé qu'elle affichait me peinant naturellement.

« Ça l'a... fait souffrir ? »

Sa question me fit déglutir. Ma poitrine se contracta et je baissais les yeux à mon tour.

« Je fais justice comme je le peux. Avec les moyens que j'ai. S'il a souffert, tant mieux. »

Mon corps palpitait. Je ne supportais pas ces mots. Ils m'insupportaient.

« On ne peut pas comparer une revanche personnelle à de la justice. » rétorquais-je, un peu trop sèchement, avant de voir sa cuillère se briser dans ses mains. « Mais je ne vous juge pas. Je ne me le permettrai pas alors que je ne connais pas toute l'histoire. »

Je lui en voulais. D'avoir agit de la sorte, d'avoir gâché ma soirée. Il ne pouvait en être autrement. J'avais envie de la détester sans y parvenir malgré tout. Je ne pouvais pas lui reprocher son comportement. Je ne pouvais pas l'en punir. Qu'est-ce que moi j'aurai été capable de faire pour Hypérion ?

« Je n'aime pas les secrets, ça n'apporte que des problèmes mais... je ne dirai rien. » ajoutais-je dans un soupir. « Si quelqu'un doit avouer, il faut que ce soit vous. Il est patient. Il finira par vous retrouver. Et un jour vous devrez assumer vos actes. »

« Je n'ai pas peur de lui... » murmura-t-elle alors.

Il n'était pas question de crainte. Personne ne pouvait échapper au jugement, quel qu'il soit. C'était ainsi qu'étaient faites les choses. Si j'acceptais de ne pas être celle qui l'enclencherait, mieux valait qu'elle est conscience qu'elle ne pourrait pas le fuir éternellement. Elle se l'infligerait peut-être même sans l'aide de personne. Même Balthazar y était soumis.

« Il la subit tous les jours. La souffrance. Constamment. » murmurais-je alors. « Mais je suppose que c'était encore pire ce soir, oui... »

En était-elle satisfaite ? Le savoir l'aidait-il à aller mieux ? Je constatais que je n'étais qu'un dommage collatéral dans cette histoire. J'étais la pièce rapportée. A chaque fois. Je souffrais par extension, la douleur des autres se répercutait sur moi et j'encaissais. Jusqu'à quand ? J'étais certes solide, mais pas incassable.

« Je dois retourner travailler. Les séances vont bientôt se terminer. »

Ce contraste dans la conversation m'arracha presque un sursaut. Je relevais la tête en la voyant se redresser et s'emparer de son gobelet.

« Je ne suis pas une mauvaise personne. Je... je voulais juste parler à quelqu'un. »

Elle se mordait les lèvres et, lorsqu'elle m'adressa un sourire incertain, j'en fis de même.

« Peut-être que nous nous reverrons. Je pense. »

Je la regardais sortir sans dire un mot et lorsque sa silhouette s'extirpa de ma vue, j'ai l'impression qu'un poids s'écrasait sur moi et m'étouffait soudainement. Je passais une main sur mon visage, ma respiration saccadée étant de plus en plus difficile à calmer.

Je n'aurai pas besoin d'accompagnateur ce soir. Je ne rentre pas.

J'avais envoyé ce message dans un réflexe. C'était inhabituel de ma part d'écrire des mots, encore plus des phrases complètes. Basile n'exprima cependant aucun étonnement en me répondant d'une simple émoticone au pouce levé. Il devait se figurer que j'avais passé une excellente soirée. Si seulement il savait... Je voulais simplement voir un film. Je n'avais pas demandé tout ça.


Plusieurs heures plus tard...
devant un certain appartement. o_O

J'avais eu le temps d'augmenter mes scores à Candy Crush et de regarder les photos que j'avais de Godzilla pour tenter de me réconforter avant que mon portable ne soit vidé de toute sa batterie. Ça n'avait pas vraiment été assez pour me changer les idées, mais cela avait finit de fatiguer mon corps épuisé. Je ne dormais toujours pas mais j'avais bel et bien somnolé, l'esprit ailleurs, appuyée contre le mur de ce couloir terne.

Est-ce que c'était déjà le matin ? Je n'en avais aucune idée. J'avais sursauté en entendant des bruits de pas. Mes réflexes étaient toujours présents bien que diminués et mon instinct en éveil constant. Je fus malgré tout en proie à la panique pendant quelques secondes, avant de me souvenir de l'endroit où je me trouvais et surtout de ce que j'étais venue y faire.

Je me redressais prestement, la tête baissée pour ne pas avoir à le regarder, et passais une main sur les plis de ma jupe. Durant un instant, je restais immobile, mon cœur menaçant de s'échapper de ma poitrine, avant de fouiller avec maladresse dans mon sac que je tenais contre moi.

« Tiens. » marmonnais-je enfin, tout en tendant un vêtement dans sa direction. « C'est pour toi. Je n'ai pas pu te le donner avant alors... voilà. »

Je me mordais les lèvres avec force. Quand je me l'étais imaginée, cette situation me paraissait bien moins stupide. Maintenant que j'y étais, j'avais juste envie de m'en aller et de mettre le plus de distance possible entre moi et Balthazar. Des questions futiles me traversaient l'esprit : est-ce que j'aurai dû l'emballer au lieu de lui donner si grossièrement ? Est-ce que je n'aurai pas plutôt dû le jeter ou m'en servir comme pyjama ? Est-ce que ça lui importait de toute manière ?

« Ce n'est pas un cadeau. C'est juste... une excuse. J'avais besoin de me trouver une excuse pour te voir. »

Je ne pouvais pas le nier. Autant l'admettre clairement. Il n'y avait rien qui justifiait ma présence. Il ne la désirait pas et, au fond de moi, je ne savais même pas si je voulais la lui accorder. Ce n'était pas aisé de trouver l'équilibre entre mon mal-être et le sien. Sans compter tout ce qui le provoquait. Je ne voulais pas revenir sur cette Pellicule, ce que j'avais appris, ce qu'elle avait déclenché, ce qu'elle avait pu lui faire ressentir. Les images et les sons qui défilaient toujours dans ma tête étaient déjà capables de me mettre au bord des larmes.

« Je... Je n'accepte pas ce que tu as dis. Tout à l'heure. » poursuivais-je malgré tout, en m'acharnant à ne pas lever les yeux. « Mais je te remercie de l'avoir dit. »

C'était peut-être ce qu'il fallait pour me faire comprendre certaines choses. Il aurait dû le faire plus tôt, finalement. Tout aurait été bien plus simple, bien que la simplicité ne semblait jamais être de mise entre nous même quand rien n'annonçait dans un premier temps de complications. Il me fallut prendre davantage sur moi-même avant de faire de nouveau s'élever ma voix trop fébrile.

« Je ne t'approcherai plus. » énonçais-je avant d'inspirer longuement et péniblement. « Je ne te toucherai plus. Je ne ferai plus rien. C'est promis. »

Je ne le pouvais pas. Pas dans ces conditions. Pas en me disant que c'était une autre qu'il voyait. A quel point est-ce que j'avais pu me montrer odieuse avec lui, pour le lui imposer jusqu'à aujourd'hui ? Je me persuadais que c'était la bonne chose à faire mais à présent... Et à quel point ma propre estime était-elle si insignifiante pour que je puisse accepter une telle chose ? Je nous avais fais tellement, tellement de mal sans même le réaliser. Et je tenais trop à lui pour le faire souffrir davantage que je n'étais capable de lui apporter un moindre apaisement.

« Je vais... te laisser. » soupirais-je en fermant les yeux, le contournant avec un malaise évident.

J'avais crains qu'il ne rentre jamais. Je m'étais inquiétée. Mais j'avais fais ce que je devais faire, maintenant que je m'étais assurée qu'il était toujours bel et bien en vie. Et j'étais éreintée. Il faudrait au moins que je reste allongée jusqu'à ce que la pieuvre me quitte pour récupérer pleinement. Même ça, je n'étais pas certaine que ce serait assez.
black pumpkin

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THE MORE THAT I'M WITHOUT YOU
THE LESS I KNOW IF I WAS RIGHT.
I know it hurts that we don't touch anymore, it's even worse 'cause we built this from the floor. It's just as hard for me to know I might see you 'round, just as hard for me to worry 'bout reachin' out. The more I think about you, the more I keep the ghost alive.

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